CHAPITRE V
VISITES MUNICIPALES DANS LES ÉCOLES EN L*AN VI ET EN l'an VII — 1798 ET 1799.
Conformément aux arrêtés du Directoire, le ministre de Tintérieur, Letourneux, adressa aux administrations départementales et municipales une circulaire pour ordonner et organiser les visites municipales dans les écoles. Il ne dissimula ni le pitoyable état des écoles publiques, ni « la prospérité coupable » des écoles rivales, ni les sentiments de jalousie dont s'inspirait le gouvernement. Il faut relever ce honteux langage : c'est un témoignage et un aveu.
€ Combien le spectacle que présente le tableau • des écoles primaires ne doit-il pas aflliger l'âme de tous les vrais républicains ! En butte à la malveillance et à la calomnie, dénuées des premiers
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secours qui pouvaient les soutenir et les alimenter, attaquées même ouvertement et ridiculisées par ceux qui devaient en être les premiers défenseurs, — les écoles primaires, enfin, n'existaient pas
ENCOREQUE DEJA ELLESAVAIENT CESSE d'ÊTRE. Ainsi,
réduits à l'état le plus déplorable, sans considération au dehors, sans élèves, pour la plupart, autres que ceux que l'indigence mettait dans l'impossibilité de payer la contribution fixée, les instituteurs voyaient leur zèle paralysé, et ce n'eût été qu'en se prêtant par une lâche complaisance aux plus honteux préjugés et en devenant parjures à leur serment, qu'ils auraient pu obtenir quelques succès. Et cependant à côté d'eux s'élevaient et s'élèvent encore avec audace une foule d'écoles privées, de maisons d'éducation particulières, où l'on professe impunément les maximes les plus opposées à la Constitution et au gouvernement, et dont la coupable prospérité