SEMBLE CROITRE EN RAISON DE LA PERVERSITÉ DBS
principes qu'y reçoit LA JEUNESSE. C'est donc sur ces repaires du fanatisme royal et superstitieux que le Directoire appelle toute votre vigilance et toute votre activité. »
Il s'agissait donc non pas d'une enquête, mais d'une descente de police ; il s'agissait, suivant le langage du ministre, « de porter enfin le dernier
coup à ces institutions monstrueuses, où le royalisme et la superstition s'agitent encore contre le génie de la liberté et de la philosophie. » En d'autres termes, on voulait pénétrer dans ces écoles particulières qui s'étaient établies conformément à la Constitution et aux lois ; on voulait, faisant bon marché de la liberté et de la conscience des maîtres, des parents et des élèves, les contraindre non seulement à ne pas célébrer le culte proscrit, mais à célébrer le culte dit national ; non seulement à ne pas user des livres chrétiens, mais à user des livres dits républicains qui contestaient, contredisaient et déshonoraient leurs croyances.
A la suite de visites faites en prairial an VI dans quelques cantons de Seine-et-Oise, le président de Tadministration centrale, dans une lettre du 9 fructidor à la municipalité de Marly,* gémit, comme les délégués, sur l'abandon des écoles et sur l'esprit de fanatisme qui les dirige ; » il regrette que les visites n'aient pas été faites tous les mois, suivant le vœu de la loi ; puisque la « voie de la persuasion ne suffit pas , il est nécessaire d'employer contre les instituteurs des moyens coërcitif s, c'està-dire de fermer les écoles. » Il poursuit :
« L'administration prévoit d'avance qu'ils allé-
gueront pour leur défense la crainte dans laquelle ils étaient de voir déserter leurs écoles ; mais cette allégation, dictée plutôt par l'intérêt que par l'amour de leurs devoirs, devra d'autant moins vous arrêter qu'ils ont été suffisamment avertis des obligations qui leur étaient imposées par l'arrêté du Directoire, qui, dans tous les cas, doit recevoir -son exécution. D'un autre côté, il faut espérer que lorsque les parents verro7it que vous êtes dans la ferme volonté de ne tolérer aucune école dont le mode d'enseignement ne serait pas basé sur la morale républicaine^ ils se détermineront ^pour le besoin qu'ils en (sic) éprouveront de faire donner de V éducation à leurs enfants^ A envoyer ces derniers aux écoles constitîitionnelles et à leur dominer les livres adoptés par le Gouvernement (1). > Ainsi, pas de déguisement : maîtres et parents, on voulait les réduire tous à merci.
A défaut de lois qui autorisassent cette violation eiÇrontée des consciences, le Directoire avait rendu un arrêté. Était-ce assez ? Fermer une école, interdire à un instituteur ou à une institutrice la faculté d'enseigner soit dans sa maison soit partout ailleurs, le frapper d'incapacité pour Texercice