XII PRÉFACE
mais dont le petit nombre augmente trop le prix? Comment, sur la mission semblable de ses quatre collègues dans le reste de la France, n'y a-t-il pas un seul document, je dis, un seul? Qu*est-il advenu de ces pièces? Ont-elles été détruites? De studieux chercheurs les découvriront-ils, dispersées dans des Archives départementales? Un grand nombre d'entre elles n'auront-elles pas été retenues par les représentants eux-mêmes ? En lisant le premier volume deV Histoire des sectes rétigietises^ de Tabbé Grégoire, j'y rencontrais sur les fêtes révolutionnaires et sur la persécution religieuse beaucoup de pièces empruntées à tous les départements, et, remarquant qu'aucune d'elles n'avait passé sous mes yeux en original dans les cartons du Comité d'instruction publique, je me demandais si l'abbé Grégoire, l'un des membres les plus actifs de ce comité et qui, sous la Terreur, s'en était fait un asile, n'avait pas alors conservé tous ces documents en prévision de la publication qu'il se proposait d'en faire plus tard.
Il y a aussi des rubriques trompeuses. Sur les trois liasses F 62.990-62.992, deux offrent des pièces relatives aux collèges et classées par déparlements; mais la troisième, sur laquelle on litr Paris, par une triste ironie, ne contient guère que des documents étrangers à la ville de Paris et qui concernent les départements. Du reste, sur cette question des écoles, il y a à peine, dans ces trente cartons, dix pièces qui soient relatives à Paris. Il est permis de supposer qu'elles étaient
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réunies au^f arpbives particulières 4e la ville et que , comme tant d'autre^ , elles auro4t été incendiée^ ôU 1871, En reyanche, daijs lies liasses qi4 cqncement les écoles centrales et qui offrent un ensemble assez complet, il s'est glissé bien des documents relatifs aux écoles primaires.
Si ce travail de dépouillement est quelquefois ingrat, s'il cause plus d'une déconvenue, queljes clartés piarfois projette-t-il ! Comme les arrêtés et les lois prennent^ vie ! Comme les plans s'accusent! Comme les époques se distinguent les unes des 3.ijtres sur un fond qiji^ au prepaier aspept, paraît uniforme! Lorsque des témoignages, ipême isolés, n^ême incomplets, se rencontrent identiqijes au nord, au midi, au centre, ^ Test, à l'ouest; iorsque, de toutes parts, s'élèvent lies mêmes plaintes; quand la désorganisation apparaît sous }es mêmes traits et avec les mêmes causes swr les points les plus opposés; lorsque Paris fait écbo à la provimce et la province à Paris ; enfin, lorsque aux documents officiels et publics, tombant du l^aut de la tribune, correspondent les confidences que l'adpiinistrateur a déposées dan;? le secret de ses lettres, est-il bien nécessaire, pour déterminer une irrévocable conviction historique, que tous les départements, tous les collèges, toutes les écoles aient élevé la yoi:?:? Malgré queJqnes lacnnes, l'indnction, ap^ puyée sur çe§ 4oçuments niuUiples, sinon complets, n'en sera pas moins légitime et ses conclu-
XIT PRÉFACE.
sions décisives. Plus que personne, j'appelle la révélation de nouveaux documents que procurera le dépouillement des Archives départementales ; je serais même heureux que ce livre pût fournir un programme méthodique à ces recherches; mais les publications ultérieures, j'en ai la conviction, ne produiront pas de contradiction sérieuse aux conclusions générales quiressortent de ce travail.
Ces conclusions d'ailleurs, ce n'est pas l'auteur qui les prononce, ce sont les faits. Les faits, est-ce assez dire ? J'ai cité surtout des textes : or, ces textes sont de véritables témoignages, émanant tantôt des instituteurs, tantôt des municipaUtés républicaines, des délégués ou des administrateurs, ou bien enfin des auteurs mêmes de ces lois, c'est-à-dire de tous ceux qui auraient eu le plus d'intérêt ou à proclamer le succès de leur œuvre ou à en déguiser l'échec. Il n'y a donc place ici ni à un arrangement systématique, ni à € cette interprétation du goût, > qui, suivant M. Renan, « sollicite doucement les textes. » Ces textes, ils sont là, immédiatement livrés à l'examen et à l'interprétation du lecteur. Qui que nous soyons et quels que soient nos sentiments particuliers, plaçons l'histoire en dehors et au-dessus des passions vulgaires : plus l'Etat cherchera à isoler l'instruction publique du mouvement général des esprits et à lui composer une attitude officielle, plus l'écrivain devra tenir à honneur de se dérober à cette vérité de cDnven-