ACTE PREMIER
NOÉMI
Comment va-t-elle ?
QUDOIRE.
Toujours patraque! Elle m'a dit comnoi ça, de vous dire de venir vous reposer à notre campagne^ avec elle. Le jour qui vous plaira. Vous n'aurez qu'à me le faire dire au bureau et je viendrai vous prendre avec la voiture.
HI'VOLLET, qui a entendu.
Pardon, je réclame la priorité pour ma sœur ; vous savez, mademoiselle, que vous lui avez promis pour plusieurs jours?
NOÉMI
Je ne demanderais pas mieux, messieurs, que de vous donner des assurances formelles... certainement j'irai voir ces dames et cela me fera grand plaisir; mais, je crains de n'être pas aussi libre que je le pensais... ma mère... quelques élèves en ville; et puis, les réparations que l'on va faire à l'école I
OUDOIRB.
Oh I les réparations, c'est moi que ça regarde.
RIVOLLET, ins^istant.
Enfin, vous ne: refusez p^s, on peut vous annoncer ?
NOÉMI, souriant.
A peu prés !
MASURIER, revient vers Noé'mi.
Mademoiseîle Lambert ?
NOÉMI, se retourne.
Monsieur le maire...
MASURIER
Monsieur le délégué cantonal veut bien accepter
mon invitation à dîner pour ce soir^ voulez-vous, sans façon, nous faire le plaisir d'être des nôtres, avec madame votre mère ?
NOÉMI, confuse.
Mais, monsieur, je ne sais si je dois...
MASURIER
Oui, parbleu! vous devez accepter... voyons?
NOÉMI
Je vais consulter maman... je vous demande une minute.
Elle sort.
OUDOIRE, à Baudrand qui la regarde sortir.
J'espère que vous leur avez raconté de belles affaires, vous, aux gamines : pensez-vous que ça leur serve à quelque chose ?
BAUDRAND, distrait.
Hein?
OUDOIRE.
Je serais curieux de savoir combien ça fera de mères de famille toute cette jeunesse?
BAUDRAND, convaincu.
Plus que vous ne supposez. On puise, aujourd'hui, de solides principes dans nos manuels d'instruction morale et civique.
OUDOIRE.
Bah ! quand la nature parlera, je ne vois pas ce qu'ils feront vos manuels. Pas vrai, monsieur Masurier ?
MASURIER
Certainement, la nature a des droits; cependant on en triomphe... Regardez mademoiselle Lambert;