ACTE PREMIER i
on ne peut pas dire qu'elle n'ait pas... de tempérament...
OUDOIRE.
Oh ! elle est trop savante. Et puis, on n'oserait pas...
RIVOLLET, à mi-voix.
Allez donc demander au commis de la poste, s'il ose?
Mouvement d attention générale.
OUDOIRE.
Quel commis ?
RIVOLLET.
Le frisé ! celui qu'on appelle M. Edmond.
MASURIER, rassuré.
C'est un parent de mademoiselle Lambert.
RIVOLLET, insistant.
Ce n'est pas une raison pour qu'il soit toujours fourré ici.
BAUDRAND, intrigué.
Vous êtes sûr ?
RIVOLLET, montrant mademoiselle Lambert qui revient.
Demandez-le lui ?
Oudoire prend le bras de Rivollet et lui parle bas. NOÉMI.
Monsieur le maire, maman harassée par les fatigues de ces derniers jours, vous prie de l'excuser, et, vous comprenez, que je ne puis la quitter... je suis désolée...
MASURIER, s'incKna.
S'il en est ainsi, je n'infiste plus.
BAUDRAND, avec sollicitude.
L'état de madame votre mère n'est cependant pas plus grave ?
NOÉMI
Non^ mais sa maladie noire la rend très faible, et j'ai toujours peur quand je la laisse seule.
BAUDRAND, hésitant.
Mais, vous n'êtes pas seule à Trimont, vous avez bien... un parent?
NOÉMIi étoBnce.
Un parent?
BAUDBAND.
Oui, un jeune employé au bureau de poste.
NQÉMIj avec indilference.
Olîj Edmond ! c'est un petit parent.
BAUDRAND, rassure, après un moment.
En tous cas je suis là, ma pharmacie n'est pas très loin; si vous avez besoin de mol, je suis à votre service.
NOÉMI
Merci mille fois.
BAUDRAND
A tout hasard je vais vous faire apporter un flacon ■d'élixir tonique et une bouteille de vin Baudrand.
Oudoire et les autres rient. Madame Dèmarié est entrée suivie de Clémence. Noémi l'aperçoit et fait un mouvement vers elle.
MADAME DÉMARIÉ, l'arrête.
Je VOUS en prie, mademoiselle, ne vous dérangez pas pour moi, continuez avec ces messieurs.
BAUDRAND, salue.
Nous avoîis terminé, madame, nous partions.