‹ L'êcoliere; piece en cinq actesChapitre 15 sur 106 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

sont pas contentes, cela m'est tout à fait égal. Mes chefs sont enchantés, c'est l'essentiel... M. Baudrand lui-même!..

CLÉMENCE, aperçoit M. Duthel, et surprise.

Ah ! Monsieur Duthel qui revient I

M. Duthel vient jusqu'à l'escalier de l'estrade. Noémi s'avance.

DUTHEL, embarrassé, hésitant et doucereux regarde de tous côtés.

Rebonjour, mademoiselle. ..Ces messieurs sont partis?

Ils sortent, il y a deux minutes.

DUTHEL.

Ouil.. Ils ont dû aller au Café de l'Oise... (a Noémi en baissant la voix.) Pourrais-je VOUS parler un instant?

NOÉMI, descend de l'estrade.

Mais, tant que vous voudrez, monsieur, prenez donc la peine de vous asseoir.

Elle avance une chaise, Clémence laisse les guirlandes et disparaît par la droite.

DUTHEL, s'asseoit ; Noémi s'asseoit à l'extrémité du banc.

C'est au sujet de ma plus jeune fille, vous savez qu'elle suit les cours chez les sœurs... J'ai mes idées, je respecte celles des autres, mais je garde les miennes. Ces messieurs s'imaginent pouvoir élever les enfants sans religion, je ne le pense pas; mais la question n'est pas là... Ma fille vient d'échouer à ses examens d'aptitude. Si j'ai toute confiance dans la morale de ses maîtresses, je ne suis pas aussi convaincu de leur science ; je vou s serais donc très reconnaissant, si vous vouliez pendant les vacances.

20 L'ÉGOLIÈRE

lui donner quelques répétitions. Voilà ce que je désirais vous demander. N'est-ce pas, inutile d'en parler?... Les vacances, c'est très joli, mais j'ai pensé que vous ne seriez peut-être pas fâchée d'occuper lucrativement ces loisirs ?

NOÉMI, triste.

On a toujours besoin de gagner sa vie !

DUTHEL.

Alors, vous viendrez à la maison, quand il vous plaira, votre heure sera la nôtre, et vous nous permettrez de vous considérer plutôt comme une amie qui veut bien donner des conseils à une Jeune amie, que comme un professeur au cachet; c'est dit?

NOÉMI, embarrassée.

Il m'est bien difficile de refuser une offre aussi délicatement présentée et je vous en remercie beaucoup...

DUTHEL, interrompant.

Gomment; mais c'est nous qui vous remercions, mademoiselle, de bien vouloir consentir à instruire noire liUetle. Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas être millionnaire et de ne pouvoir reconnaître assez dignement votre obligeance.

NOÉMI, sourit.

Oh ! sur ce sujet nous uous entendrons toujours.

Madame Lambert est entrée sans être remarquée, s'est arrêtée.

DUTHEL.

Vous êtes mille fois aimable. (Après une pause, s'in-

clinant.) On a bien raison de dire que les grâces du visage sont toujours associées aux qualités de l'esprit et du cœur.

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