‹ L'êcoliere; piece en cinq actesChapitre 21 sur 106 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MADAME DUJARDINj secouant la tête.

Oui, oui, cachez votre jeu; cachez-le biea, vous avez raison, ça ne me regarde pas!

MADAME LAMBERT^ à mi-voix, à Noémi, qu'elle a suivie sur 1 estrade.

Noémi, ce n'est pas convenable qu'une jeune fille accepte ainsi de l'argent!...

NOÉMI, étonnée.

Une jeune fille!... Mais, ma pauvre maman, je ne suis pas une jeune ûlle, je suis une institutrice...

MADAME LAMBERT, sévère.

Tu es une écoliére 1

NOÉMI, sourit et hausse les épaules.

Une écoliére?...

MADAME DUJARDIN, s'est levée et s'approche de Noémi .

Mademoiselle Noénii? vous ne m'en voudrez pas de vous parler franchement ?

Noémi se retourne.

NOÉMI, allant à madame Dujardin.

Je vous en prie au contraire, madame Dujardin ?

MADAME DUJARDIN, canfidentiellem.ent.

Eh bien, vous avez failli tout gâter.

NOÉMI, étonnée.

Comment cela ?

Madame Lambert prête l'oreille.

MADAME DUJARDIN

Eh ! en donnant votre prix d'honneur à la petite Simonnot, quand vous avez dans votre école des filles de conseillers municipaux ! Heureusement, vous avez tout arrangé en refusant d'aller dîner chez le maire avec M. Baudrand.

NOÉMI, riant.

Je ne pouvais cependant pas le donner à la fille de M. Démarié!

MADAME DUJARDIN

C'est arrangé je vous dis, n'en parlons plus; mais voulez-vous me permettre de vous donner un conseil d'amie? Puisque vous avez ces idées là, n'ayez jamais l'air de faire plus d'avances à l'un qu'à l'autre et soyez également aimable avec tous; je vousle répète, ce sont de braves gens, mais ils sont jaloux.

NOÉMI, net.

Rassurez-vouS;, madame Dujardin, je ne veux m'allier ni aux uns, ni aux autres, j'ai horreur des coteries et des querelles de clocher ; et, vous ne me verrez pas plus aux réunions des Hospitalières qu'à celles des dames de l'Enfance. Je suis maîtresse d'école, je tiens à rester dans mon école, libre de moi, et ne désire point me mêler aux histoires et aux cancans du pays.

Elle s'éloigne vers la droite.

MADAME DUJARDIN, secouant la tète.

Oui, c'est très raisonnable ; mais il n'y a pas que les querelles de clocher... quelquefois sans le vouloir... (Noémi s'arrête et se retourne. Madame Dujardin

lui prend les mains.) Vous allez encore dire que je m'occupe de choses qui ne me regardent pasi que vous pouvez bien vivre comme bon vous semble et vous moquer des cancans... Excusez-moi, je suis une vieille femme ayant quelque expérience d'un pays où depuis vingt-cinq ans je fais la chasse, vieille femme qui vous aime bien et vous parle dans votre intérêt.

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