ACTE PREMIER 4i
dans la salle d'école^ les fauteuils au parloir... la table, ah! la table! (Elle va vers la table.) Empovtons-la tout de suite !
Clémence prend le côté de la table le plus près delà porte. Noémi va prendre l'autre, Edmond l'arrête. EDMOND.
Non ! je ne le permettrai pas. Je suis venu pour vous aider. Laissez-moi au moins le plaisir de vous rendre ce petit service, (ii prend la table.) Asseyez-vous, (il l'emporte avec Clémence.) Vous avez eu assez de fatigues aujourd'hui.
NOÉMI, lentement, en laissant tomber la voi.\.
Oh! ce n'est pas très pénible... pas très pénible.
Elle suit des yeux Edmond avec tendresse, son visage s'éclaire ; elle est comme attirée par Edmond, puis elle se raidit, se ressaisit et va tristement vers un banc sur lequel elle se laisse tomber.
EDMjND, remonte sur l'estrade.
Je vais vous débarrasser tout cela... ce nesera pas long!... vous allez voir!
Il prend les fauteuils et les chaises qu'il place l'une sur l'autre. Elle suit ses mouvements avec un sourire forcé. Clémence revient.
NOÉMI, à Clémence.
Ah ! Mademoiselle Clémence^ il faudrait aussi enlever l'exposition des dessins qui est dans la salle d'études.
CLÉMENCE, comprend.
J'y vais, mademoiselle.
Elle sort.
EDMOND, s'arrètaut dans sa besogne, descend de l'estrade et vient à Noémi.
Je vous en supplie, dites-moi ce que je vous aitait?
NOÉMI, comme sortant d un rêve.
Vous, mon ami, mais rien !
EDMOND
Alors, que vous a-t-on dit contre moi ?
NOÉMI
On ne m'a rien dit 1
EDMOND
Si, cette dame qui était là tout à l'iieure. Ah ! je les connais les gens d'ici, poliniers, bêtes, méchants; quand vous les aurez subis comme moi pendant cinq ans..
NOÉMI
Madame Dujardin ne m'a rien dit contre vous !
EDMOND, secoue la tête.
Oh! je parle bien?
NOÉMI, net.
Est-ce que vous douteriez de moi?
EDMOND, embarrassé.
Non... mais...
NOÉMI
J'ai simplement voulu vous faire comprendre que, dans ma situation présenle, il ne convenait pas plus que l'on vous prît pour mon fiancé, que pour mon...
Vous voj^ez bien qu'on vousa dit du mal de moi., (s'assejant sur le banc près d'elle.) Cependant, mademoiselle Noémi, mieux que personne, vous savez si j'ai jamais abusé des familiarités qu'autorise notre parenté... J'ai pour vous une vénération, un respect si grands, que j'aurais pensé commettre un sacrilège. Quand je vous ai vue ici, il m'a semblé que je n'é-