ACTE DEUXIÈME
les autres^ apprécier vos qualités, puisque j'avais pris à tâche de vous défendre, de vous soutenir...
NOÉMI, sérieuse.
Je vous ai, monsieur le maire, beaucoup de gratitude pour votre bonté; votre amitié m'est précieuse ; et c'est pour ne point la perdre, que je ne veux voir dans vos paroles d'aujourd'hui que flatteuse politesse. (Malicieuse.) Je m'en tiens aux sages maximes que que vous énonciez le jour de la distribution des prix.
Elle va vers la porte des appartements. MASURIER.
Oh! ça, c'était un discours! (Riant.) Vous pensez bien qu'on ne va pas raconter ces choses-là devant les enfants !
NOÉMI, ironique, se retourne.
On m'avait affirmé qu'un honnête homme ne pouvait dire que ce qu'il pensait; est-ce que?...
MASURIER, la main sur la poitrine.
Je suis un honnête homme, je m'en flatte, seulement, je ne suis pas un curé, moi, et je pense que, si l'on nous donne la vie, c'est pour en jouir, (s'appro chant.) Avez- vous quelquefois songé... à... l'amour?
NOÉMI, vient à lui et après l'avoir regardé fixement.
Croyez-vous que ce soit bien indispensable à l'agrandissement de l'école ?
MASURIER, penaud redescend.
Ah I... très bien !... vous me remettez à ma place!.... je ne dis plus rien !... Il paraît que j'étais indiscret...
d'autres seront plus heureux... (il prend son chapeau
laissé sur la petite table.) Vous ne m'en voulez pas de toutes les bêtises que je vous ai débitées?
NOÉMI, souriant, redescend du côté du bureau.
Oh I monsieur le maire, pouvez-vous supposer: pour un badinage.
MASURIER
Quand je vous dis que vous êles adorable ! Vous êtes la déesse de la grâce et de la sagesse,
NOÉMI, en avant, adossée au bureau.
C'est justement ce que m'écrivait tout à l'heure M. Rivollet !
MASURIER, indigné s'approchant d'elle, à mi-voix.
Rivollet. encore un joli godelureau celui-là ! un homme d'écurie qui traite les femmes comme des chevaux et se flatte de les faire trotter en cercle...! Je ne vous fais pas mon compliment 1 Un noceur que l'on voit rouler avec des poupéer. qu'il fait venir de Rouen ! L'année passée il est resté pendant un mois, à Dieppe, avec unel... (Lui frappant sur le bras.) Ne fréquentez pas ce garçon-là, croyez-moi... (Madame
Lambert est entrée sur ces derniers mots; Masurier la voit et change de ton, il semble inspecter le mur. Noomi lui tourne
le dos.) Mon Dieu... ce que vous m'avez expliqué là me semble tout à fait bien... Prévenez Oudoire de se mettre tout de suite à la besogne, il faut qu'il ait fini pour la rentrée.
NOÉMI
Oui, monsieur le maire.
MASURIER, gagne vers la porte.
Ne craignez pas de le bousculer un peu, il n'est jamais pressé; il passe sa journée au café I... El, s'il ne marche pas, faites-le moi savoir, (se retirant.) Madame Lambert, j'ai bien l'honneur...
Noémi se retourne et surprise voit sa mère. Masurier sort* Noémi l'accompagne. Madame Lambert remet silen-