‹ L'êcoliere; piece en cinq actesChapitre 42 sur 106 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

NOEMI, revient au milieu.

Mon cher monsieur Baudrand, je le voudrais de tout riion cœur; raaiSj je suis forcée avant, de vous faire une confession.

BAUDRAND, empressé.

Je VOUS écoute.

Il s asseoit.

NOÉMI^ s asseyant près de la table.

Dans nos écoles, on néglige de nous donner certaines notions qui nous seraient d'une grande utilité dans la vie, surtout lorsque nous nous trouvons en des aventures comme celle où me voilà. J'ai l'air très entendue en toutes sortes de connaissances. C'est très sot à dire, il en est d'élémentaires dont j'ignore le premier mot... (Hésitant.) Celles de... l'amour par exemple. J'ai vécu seule, près de ma mère très pieuse, et je suis une écolière aussi ignorante en ces matières qu'une enfant de dix ans. Vous me demandez d'aller à votre secours, je le veux bien; mais, ditesmoi ce que vous entendez par là? A quoi cela m'engage-t-il?... Je n'ai que des notions très confuses et je désirerais savoir...

BAUDRAND, étonné et tout à coup comme effrayé.

Comment ! jamais votre cœur n'a battu?... Jamais un serrement de main ne vous a fait frissonner?

NOÉMI, simplement.

Si, quelquefois; on m'a embrassée aussi; mais...

BAUDRAND, d'un air enteudu.

Ah! on vous a embrassée? et vous avez embrassé?

NOÉMI

Des baisers de jeunes filles !

BAUDRAND

Et... c'est tout?

NOÉMI, simplement

Tout.

BAUDRAND, se levant embarrasse.

Oui, oui, il VOUS reste, en effet, beaucoup à apprendre. Beaucoup, (il regarde sa montre.) Oudoire ne viendra décidément pas. (il va pour prendre son chapeau laissé

sur le bureau.) Nous parlerons de ces choses un autre jour.

NOÉMI, surprise de cette fuite.

Gomment? Vous vous en allez !.. Vous n'osez plus dire ce que vous attendez de moi ?

BAUDRAND, se retourne.

Pardonnez-moi, mademoiselle... C'est que... je croyais... je ne pouvais supposer qu'à votre nge... une parisienne !.. Je ne pensais pas, mademoiselle.., je ne sais plus comment vous dire...

NOÉMI

Vous hésitez... vous tremblez ! (Moqueuse.) Est-ce que je vous intimide ? Est-ce que je vous fais peur ?

BAUDR.\ND, à mi-voix.

Je crains, au contraire, que vous ne me rendiez trop audacieux.

NOÉMI, riant.

Je ne suis plus une petite fille ! Allez donc, parlez ? Expliquez-moi... Vers quel but idéal tendent vos galanteries, vos protestations de sympathie, vos paroles ardentes... Allons... parlez... ?

BAUDRAND, éperdu.

A vous dire que je vous aime comme urf fou !

Page 1