ACTE DEUXIÈME
NOEMIj très nerveuse, descend vers le bureau.
Vous l'avez déjà dit !
BAUDRAND, étonné.
Déjà... je ne croyais pas.
NOÉMI, se retourne.
Enfin, que vous l'ayez dit avant ou maintenant, ça y est... Arrivons au secours que vous sollicitez de moi; quel est-il?
BAUDRAXD, s'approche.
Puisque vous savez quels sont mes sentiments, consentez à y répondre... à m'aimer aussi... un peu.
NOÉMI, très émue, adossée au bureau.
Mais, c'est sous-entendu, je vous aime beaucoup !.. Et puis? et puis?
La rapidité da mouvement va en croissant jusqu'à )a fln de la scène.
BAUDR.\ND, avance.
Et puis il faut me permettre de a'ous le répéter de
plus près, (il tend les bras pour la saisir.) de tout près.
NOÉMI, passe de 1 autre côté du bureau et tient les bras en arrêt devant Baudrand.
Supposons que vous me l'ayez dit aussi près que possible, que vous m'ayez donné un baiser, que je vous en aie rendu plusieurs?
BAUDRAND, interloqué.
Mais, que voulez-vous que je vous dise?
NOÉMI, de plus en plus excitée.
Après, voyons, après?
BAUDRAND, allant à elle, passionné.
Après. . ah ! après, je ne me posséderai plus de
bonheur, puisque vous serez à moi, que je vous presserai sur mon cœur.
NOÉMIj remonte en reculant et d une voix étranglée.
C'est tout?... tout?...
BAUDRAND, la poursuit les veux brillants, la voix sourde.
Je pourrais vous adiTiirer, vous tenir dans mes bras, vous embrasser toute !
NOÉMI, défaillante se tenant au bureau.
Bien... et?...
BAUDRAND, cherche à l'enlacer.
Vous enivrer de caresses... nous en griser tous deux... entendez- vous... m'entends-tu ? *
Il lui prend les bras.
XOKMI5 faiblement, se dégage.
Làchez-moi !
Elle recule peu à peu, traversant la scène jusqu à la table à ouvrage.
BAUDRAKD, la poursuit.
Je t'appartiens, comme tu m'appartiens, tu es à moi !
NOÉ.MI, faiblissant.
N'approchez pas! ne me touchez pas !
BAUDRAND5 serrant ses bras contre lui-même, la poursuit.
Je te possède ; je possède ta beauté, ton iiiystère, tu es à moi !
Il avance pour la saisir.
NOÉMI, à mi-voix.
Non, non !
Elle passe de l'autre côté de la table à ouvrage, BAUDRAND, prévoyant le mouvement, lui barre le passage, la prend et la ramène pressée contre lui jusqu'au bureau, en retraversant le scène dans un mouvement fou.
Tu es mienne I tu es ma femme !