‹ L'êcoliere; piece en cinq actesChapitre 45 sur 106 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

comme un paysan, sans y mettre les formes... mademoiselle Noémi. .

NOÉMI, sévère.

Ne recommençons pas, je vous prie, monsieur Baudrand, je ne questionne plus! épargnez-moi plus d'explications; vous obéissez à votre nature, vous avez raison... c'est certainement nous qui avons tort d'être si raisonnables .. Maintenant, occupons-nous chacun, s'il voys plaît, de nos affaires.

BAUDRAND, triste.

Oui, vous avez assez joué de moi, vous vous êtes moquée de moi; à présent je vous ennuie?

NOÉMI

Non, seulement, voilà longtemps que vous êtes absent de votre pharmacie et peut-être quelque malade pressé attend-il ?

BAUDRAND, prenant son chapeau et à mi-voix comme honteux de ses menaces.

Raillez, vous avez beau jeu !... vous avez peut-être tort, mademoiselle Lambert, rappelez-vous ce que je vous dis...

NOÉMI, simplement.

Je n'oul)lierai pas plus la noblesse de ces menaces que le reste...

BAUDRAND, plus haut.

Je vous répète que vous avez tort.

NOÉMI

J'avais saisi la première fois, il était inutile d'insister.

MADAME LAMBERT, à la cantonade.

Noémi, voilà les maçons.

NOÉMI

Vous devez comprendre, monsieur, qu'après ce qui vient de se passer, j'éprouve le besoin de me retrouver seule avec moi-même... de me ressaisir et je vous serai très obligé...

BAUDKAND.

Vous me mettez à la porte !

NOÉMI5 impatientée.

Oui, oui, allez-vous en, partez I vous devez bien comprendre que je suis à bout de patience et de courage !

BAUDRAND, se contenant.

Au revoir, mademoiselle Lambert!

Il sort. Noémi lui tourne le dos, et vient automatiquement s asseoir sur la chaise en avant du bureau, immobile, les regards perdus, anéantie. Oudoire entre par la porte dos appartements, deux maçons le suivent portant les outils.

OUDOIRE.

Dérangez pas, mademoiselle Lambert.

NOÉMI, à mi-voix.

C'est vous, monsieur Oudoire?

OUDOIRE, gaîment.

Oui, mademoiselle Lambert, et cotte fois c'est pour tout de bon, demain matin je vous promets qu'à la première beure les compagnons seront à l'ouvrage et ça ne sera pas long; y a pas plus dégourdis que les feignants quand ils s'y mettent, (Noémi ne répond rien. — Aux maçons.) Toi, pose tes outils là et fîche-nous

la paix. (Les maçons traversent la scène et sortent par la porte du pr«au. Oudoire pousse la porte derrière eux et descend

en arrière du bureau.) J'ai VU Masurier, il m'a dit qu'on

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