‹ L'êcoliere; piece en cinq actesChapitre 51 sur 106 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

VOUS vous lèverez sans faire de tapage, et sans parler ; je ne veux pas entendre un mot. (a une élève qui parle à sa voisine.) Vous m'écoutez, Bertlie ?

BERTHE, murmurant.

Mademoiselle, c'est pas moi !

CLÉMENCE

Et vous resterez debout jusqu'à ce que monsieur l'inspecteur vous ait permis de vous asseoir. J'espère que celles qu'il interrogera sauront; il faudra qu'elles répondent sans se presser et sans bredouiller. S'il questionne les ignorantes et les paresseuses...

BERTHE, à sa voisine.

Toi, toi : il va t'interroger.

CLÉMENCE

Berthe,voulez-vous restez tranquille ! S'il questionne les paresseuses, (M. l'inspecteur n'aura que l'embarras du choix). (Murmures.) Que celleslà disent ce qu'elles voudront, mais qu'elles répondent quelque chose ; qu'elles ne restent pas devant lui comme des cruches. Rien ne fait plus mauvais effet I

PLUSIEURS VOIX

Oh ! moi si on m'interroge... — Je sais bien ce que je dirai... — Moi, je répondrai que...

Bruit de babil et de rires.

CLÉMENCE, a rangé sur sa table, ses livres, ses cahiers et s'asseoit.

Voyons, mesdemoiselles, voj'ons un peu de silence ! (Elle frappe sur la table.) Nous ne sommes pas ici sur la place du marché... En attendant, travaillons, (interrogeant.) Marguerite Simonnot: Gomment l'enfant doit-il se comporter av&c ses camarades ? .

MARGUERITE, se lève.

Avec cordialité et fraternité. (Récitant.) Rien de plus doux et de plus sûr qu'une amitié d'enfance^ contractée sur les bancs de l'école. On s'est connu à l'âge de la franchise, lorsqu'on ne déguisait pas sa pensée. Il en résulte un sentiment de confiance mutuelle que le temps ne peut effacer.

GLÉMEKGE.

Très bien! (a Berthe, qui parle à sa voisine.) Berthe,

vous avez compris ce qu'on vient de dire ?

BERTHE

Oui, mademoiselle.

CLÉMENCE

Expliquez alors.

BERTHE, hésitant.

Ça veut dire que lorsqu'on est à l'école, c'est défendu de mentir, mais que, quand on est grande, c'est forcé.

CLÉMENCE, outrée.

Que me racontez-vous là I II n'est pas plus permis aux grandes personnes qu'aux enfants de mentir, tout le monde dit la vérité...

La porte s ouvre. Noémi entre et s'elface pour laisser passer M. Liôthard, l'inspecteur, suivi de Masurier et de Baudrand. Clémence frappe sur sa table, les tillettes se lèvent.

LIÉTHARD, se découvrant, à Clémence.

Bonjour, mademoiselle! Bonjour, mes enfants!

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