ACTE QUATRIEME
Après ?
CLÉMENCE
AprèSj oh ! des horreurs.
NOÉMI, souriant.
Vous m'eiîrayez, Clémence!
CLÉMENCE
Il y a de quoi !
NOÉMr, souriant.
Dites vite alors ?
CLÉMENCE
Je n'oserai jamais, mademoiselle.
NOÉMI, nerveuse.
Il faut pourtant que je sache ?... Voyons,., parlez?
CLÉMENCE
Le bruita couru... on leur a assuré que... (se détournant.) non, je ne peux pas 1
NOÉMI, se levant, allant à Clémence.
On leur a assuré quoi ?
CLÉMENCE
Que mademoiselle avait des amoureux. . des amants I
NOÉMI
Des amants I... c'est mieux que je ne pensais... Et vous ont-elles noiftmé quels heureux mortels j'honorais de mes faveurs ?
Elles prétendent que si M. Baudrand n'a pas envoyé de rapport, c'est qu'il avait de bonnes raisons..
NOÉMI
Et puis ?
CLÉMENCE, plus bas.
M. Masurier aussi.
NOÉMI, riant.
Oh! le pauvre M. Masurier. Et puis? c'est très drôle t
CLÉMENCE
0 mademoiselle, ne riez pas !
NOÉMI5 nerveuse.
Ne pas rire, et pourquoi, Clémence? N'est-ce pas très risible, de voir ces messieurs cacher leur dépit sous la médisance et charger leurs commères de la besogne, c'est très amusant!... Et moi, bonne fille, qui, dans une lettre émue, débordante de reconnaissance, avais remercié M. le délégué cantonal de ne pas avoir envoyé son rapport. Il paraît que, réellement, il attendait plus que des remerciements. (Retournant à sa table.) Ou bien, a-t-il réfléchi que sa plainte risquait de se perdre dans les cartons de la préfecture, qu'en tout cas, elle nécessiterait une enquête, laquelle ne tournerait peut-être pas à son avantage, et il a préféré faire mettre en circulation... sa petite infamie par... on ne sait qui!
Il n'est pas prouvé que ce soit M. Baudrand qui ait fciit cela.
NOÉMI, reprenant son iPovail.
Lui ou les autres, c'est tout un.
CLÉMENCE, après un temps, s'approche de la chaire.
Mais, mademoiselle, si cela continue, nous n'aurons bientôt plus personne.
NOÉMI, cvasivemcnt.
Que voulez-vous que j'j' fasse ; je ne peux pas for-