‹ L'êcoliere; piece en cinq actesChapitre 75 sur 106 · ACTE QUATRIÈME 18'J · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME 18'J

M. Baudrand, de M. Masurier... et de qui sais- je encore! (signa de dénégation de Rivollet.) Si, on VOUS l'a

raconté. On prétend également que je suis la vôtre. Mieux que personne, vous savez si cette insinuation est fausse!... (signe afiirmatif de Rivollet.) Dites-le, hautement!

RIVOLLET, secouant la tète.

Le dire, le dire est bel et bon, comment le dire ? Je ne peux pas le faire tambouriner par la ville! Et puis, vous connaissez les gens d'ici, il sufdra que je m'en défende pour que l'on soit persuadé du contraire. C'est très délicat pour un jeune homme de se poser en champion d'une jeune fllle, quand il n'est ni son parent, ni son fiapcé; je pourrais vous faire certainement plus de mal que de bien.

NOÉMI, nerveuse.

Alors, il faut que je laisse continuer les bavardages et que je voie mon école peu à peu se vider jusqu'à la dernière élève?

RIVOLLET, gêné.

Ah oui... vous êtes dans une situation très embarrassante... très embarrassante.

NOÉMI

Autrefois, ma pauvre maman me disait : <.<■ prends g irde, les hommes sont des bêtes fauves; » elle se trompait, ils sont pires ! puisque ne pouvant s'emparer de moi, ils me perdent de réputation !

Elle se lève.

RIVOLLET, se lève.

Ce ne sont pas tant les hommes!... Si vous croyez que les femmes de Trimont ne sont pas jalouses de vous...

NOÉMI

Les femmes?

RIVOLLET5 de plus en plus embarrassé. -

En réalité... ce ne sont pas plus les uns que les autres... Vous êtes arrivée dans le pays comme une tentation... Nous sommes des paysans, et vous êtes au milieu de nous... comme une plante de jardin qu'on aurait mise en pleine terre dans un champ; la mauvaise herbe finit toujours par en avoir raison.

NOÉMI^. vivement.

A moins qu'on n'arrache la mauvaise herbe, et on l'arrachera, monsieur Rivollet ! Vous dites qu'un parent ou un fiancé peuvent seuls me sauver; il y auraun mari et nous verrons!

RIVOLLET, étonné.

Un mari !

NOÉMI

Pensez-vous que ce soit suffisant pour faire taire les mauvaises langues?

RIVOLLET.

Mon Dieu, dans touLe celte affaire, moi, je ne puis rien dire, je ne sai.'^ rien, je ne suis pour rien...

NOÉMI

Je n'en doute pas. (Le conduisant vers la porte du préau.)

Maintenant, mon cher monsieur Rivollet, j'entends une de mes élèves qui vient pour une leçon particulière ;'permettez-moi de vous dire au revoir.

RIVOLLET, lui serrant la main.

Au revoir, mademoiselle Lamljert, et croyez que je suis très heureu.K de ce que vous venez de m'apprendre.

Il sort.

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