ACTE QUATRIÈME
CLÉMENCE, hochant la tète sans regarder Xoémi.
Aujourd'hui ou dans quelques jours, tôt ou tard, ne devait-elle pas savoir à quoi s'en tenir?
NOKMI, avec stupeur, après un silence.
Clémence ?
CLÉMENCE
Mademoiselle ?
NOÉMI, triste.
Et vous aussi, vous me reniez?... Vous en qui j'avais confiance comme* en une seconde moi-même!... Je vous croyais clairvoyante et... vous êtes comme eux!
CLÉMENCE, hargneuse.
Puisqu'on ne veut plus de vous ici...
NOÉMI, cinglante.
Vous ne voulez plus de moi, non plus !... Vous arriverez, mademoiselle Clémence, je vous le promets, vous avez tout ce qu'il faut pour ça !
CLÉMENCE, vexée.
Mademoiselle, je vous jure que je ne crois pas ce que l'on dit. J'ai pour vous le plus profond respect... la plus...
NOÉMI, lui tourne le dos et s'éloigne.
Je vous dispense de toute explication.
CLÉMENCE, s'approche.
Je vous jure, mademoiselle!...
NOÉMI, agacée.
Ne jurez pas, ne me dites plus rien, retirez- vous!
CLÉMENCE
Je ne veux pas que vous supposiez...
NOÉMI, irritée.
Ne me parlez plus, allez-vous en !...
CLÉMENCE, rageuse sortant.
Allez-vous en!... Nous verrons laquelle de nous deux s'en ira la première I
NOÉMIj douloureusement.
Ça devait arriver, il ne manquait plus que cellelà I... C'est complet!... (Elle rit.) Je n'ai pourtant pas envie de rire! (Après quelques pas.) Ah!... Clémence!... (Réfléchissant.) La première réforme sera de faire maison nette... tâcher d'hospitaliser maman quelque part... Et puis, fini, fini d'être bonne fille, d'être... (Elle s'arrête et prête l'oreille.) Cette fois, j'ai bien entendu
fermer la grille!... (Elle va vers la porte et pousse un cri de joie.) C'est lui !
EDMOND, paraît.
Parfaitement^ mademoiselle Lambert, c'est moi!
NOÉMI, rayonnante de joie, s'avançant vers Edmond.
J'étais persuadée que tu viendrais, j'en avais la
certitude. (Elle s'arrête, le regarde et lui serre le brasi)
Brave et cher ami !
EDMOND, très grave, avance vers la croisée.
Du moment que j'avais reçu la lettre, je ne pouvais faire autrement...
NOÉMI, émue.
Ah! vois-tu, c'est heureux que tu sois venu, parce que je ne sais ce qui serait^arrivé.^Je ne pouvais plus,
je ne pouvais plus vivre!.. (Elle quitte son bras.) Si tu
savais comme ils ont été méchants ! (Elle s'arrête, lui
pose les mains sur l'épaule et le regarde en riant.) Mais te
voilà! tu es là ! C'est toi ! bien toi !
Elle 1 embrasse, ils sont devant la croisée. EDMOND, étonné.
Mais... mademoiselle! mademoiselle!