ACTE CINQUIÈME
RIVOLLBT, riant.
Pourquoi ne s'est-elle pas mariée avec son cousin? On ne me fera pas croire, à moi^, que c'est elle qui a refusé ?
C'est pourtant la vérité.
MASURIER, montrant la grille.
Regardez Dulhel, s'il estcontent, s'il marche vite!... C'est un beau jour pour lui, parbleu!
Tous regardent vers la grille, Duthel entre rapidement et salue de loin. Ils répondent asse^ froidement au salut.
DUTHEL, marchant son chapeau à la main.
Je ne suis pas en retard, messieurs?
MASURIER
Nous arrivons, et, vous voyez, nous ne sommes pas encore au complet.
DUTHEL, rémettant son chapeau.
Ah bon... bon... (Un silence, il les regarde l'un après
l'autre.) Eh bien, qu'est-ce que vous en dites?
MASURIER
Rien ! (souriant.) Ça vous fait plaisir ce départ forcé, hein?
DUTHÉL, indulgent.
J'estimais beaucoup mademoiselle Lambert, comme institutrice ; elle donnait des leçons à ma fille. Mais, je suis forcé de reconnaître que ce qui se passe aujourd'hui donne entièrement raison à ceux qui défendent les congrégations, (s'avançant vers Masurier.) DanS
le fond, je n'aime pas plus les curés que vous; mais, voyez-vous, il faut une religion pour les femmes, (il lui frappe sur le bras.) Si VOUS Supprimez la religion,
il n'y a plus de morale, plus d'honnêteté, plus rien...
Rivollet allume une cigarette.
BAUDRAND, qui s'est approché, à Duthel.
Vous connaissez quelque chose de positif contre mademoiselle Lambert? Vous avez une certitude matérielle; des faits?
DUTHEL, surpris et souriant.
Farceur! C'est de notoriété publique. L'indiscrétion ne vient pas de moi.
MASURIER, à Baudrand, avec reproche.
Il est certain que lorsqu'on a de semblables bonnes fortunes^ on pourrait bien ne pas le crier sur les toits!
BAUDRAND, stupéfait.
C'est pour moi que vous dites ça?
MASURIER, remontant.
Eh parbleu! c'est pas pour l'empereur de Chine!
BAUDRAND
Alors, vous supposez que moi... j'ai?...
DUTHEIi, secouant la tête.
Il n'y a pas de fumée sans feu !
BAUDRAND, vivement.
Je vous en donne ma parole d'honneur : mademoiselle Lambert ne m'est rien. Elle n'a jamais été ma maîtresse, jamais !
MASURIER, s'extasiant.
Vous êtes tous là à protester : Rivollet, Duthel..-
DUTHEL, étonné.
Moi!
MASURIER, redescend, à Baudrand.
On ne vous accuse pas, on ne vous demande pas