Carroll Wright, p
taux, delà sécurité des échanges. Une bonne guerre qui consomme beaucoup de milliards, arrête la production, force des pays à avoir recours au papier-monnaie, ou une bonne révolution qui détruise les usines, les manufactures, pendant deux ou trois ans, dans beaucoup de pays, comme en 1848, voilà ce qui serait plus efficace que les tarifs de douane pour le relèvement des prix ; tels sont les remèdes que devraient réclamer les protectionnistes, si la pudeur ne contrariait pas leur logique.
En dépit des droits de douane, le développement des moyens de transport, la sécurité des transactions, Torganisationdes bourses de commerce, ont eu pour sésultat de niveler les prix. Ainsi, en 1859, il y avait un écart de 4 fr. 61 entre les prix du blé des neuf régions agricoles de la France. Cette différence s'abaisse à 3 fr. 65, à 2 fr. 66, à 2 fr. 71, à 2 fr. 53, et maintenant vous trouvez une différence de 1 ou 2 francs relativement par quintal.
De même sur les marchés, entre la France, New- York et Odessa, il y a eu des écarts de 17 francs, de 22 francs, et maintenant les écarts deviennent de plus en plus petits. Ainsi je prends les cours du 7 février 1894. A Paris, le blé vaut 19 francs le
quintal ; à New- York, il vaut IS fr. 96. Voilà donc une différence de 3 fr. 04, et le change sur Londres est de 4 fr. 87, le change sur Paris est de S fr. 18, soit fr. 82 par quintal ; si vous y ajoutez le fret, vous pouvez voir qu'en dépit des droits de douane, les prix tendent à atteindre le même niveau.
Il est évident que tous les chiffres, que je viens de citer, présentent un certain arbitraire, mais, pris dans leur ensemble, ils démontrent la loi que j'avais indiquée dans le chapitre précédent : la richesse d'un pays est en raison de la baisse des prix des capitaux circulants et de l'augmentation de la valeur des capitaux fixes.