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LE DOGME DE LA LUTTE DES CLASSES. /»I

toire est apparenté aux inventions de l'évolutionnisme. philosophique du xix^ siècle.

Ainsi, pour Marx, le jeu de l'histoire n'est que la lutte des classes pour la possession du pouvoir politique par où s'exprime un mode de production : lutte de la bourgeoisie contre le féodalisme, lutte du prolétariat contre la bourgeoisie capitaliste. Mais le sens de cette interprétation de l'histoire échapperait si l'on ne savait que Marx considère que ce mouvement est une action révolutionnaire par laquelle les classes exploitées se libèrent successivement des classes exploitantes, l'exploitation étant entendue non comme mise en valeur, mais comme vol. Patriciens, nobles, bourgeois vivent « aux dépens du prolétariat ». Le mouvement historique n'est plus pour lui que l'histoire des libérations économiques successives et progressives, qui doivent aboutir à la libération du prolétariat, — comme, pour les démocrates, le mouvement historique n'est que l'histoire des libérations politiques successives et progressives, qui doivent aboutir à la libération politique de l'homme.

On voit que la philosophie historique marxiste est de même ordre que la philosophie évolutionniste démocratique, dont elle n'est qu'une transposition dans le domaine économique. La

conception matérialiste de l'histoire est fondée sur les mêmes principes que la conception évolutionniste des prétendus rationalistes. Un imaginaire Prolétariat y tient la place que tient la déesse Raison dans l'évolutionnisme. Les deux conceptions sont sœurs ; elles portent des images où l'on voit, dans le mouvement universel, l'homme partir du plus sombre esclavage pour atteindre une lumineuse et intégrale libération dans une sorte d'état paradisiaque oii aucune contrainte morale ou matérielle ne pèse sur l'humanité.

L'une touchant l'économie, 1 autre la politique, se complètent et s'unissent pour offrir à l'humanité, comme but dernier de son effort, l'anarchie politique, économique et sociale, oii les hommes gouverneront leurs passions par la seule Raison dans la cité sans Prince, et travailleront selon leurs libres accords dans l'atelier sans maître. Voyez comme ces deux philosophies se soutiennent, et quels hens existent entre Marx et M. Woodrow ^\ilson. Si elles diffèrent, ce n'est que sur l'explication du mouvement et le heu où il se produit : les démocrates évolutionnistes l'attribuent au développement général de lesprit humain (et, plus exactement, au développement progressif de la raison humaine) et le

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