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THÉORIE DE LA VALEUR ET DE LA PLUS-VALUE. II

veut leur disparition? L'œuvre de Marx ne répond pas à ces questions troublantes. Cela demeure dans les mystères du devenir. Marx tente une explication, qui se ressent fortement des histoires hégéliennes, et par laquelle l'évolution économique comprend nécessairement plusieurs phases (antique, féodale, capitaliste), qui se succèdent progressivement (c'est à cause de cette vue qu'il présente le mode de production féodal comme un (( progrès » sur le mode antique!) et la société capitaliste préparerait nécessairement, par la concentration des entreprises et des capitaux, l'avènement de la société ouvrière. Le mystère n'est pas éclairci par cette hypothèse. On continue de ne pas comprendre, dans l'absence totale d'une explication satisfaisante pour l'esprit, pourquoi la loi qui a régi les rapports humains depuis les origines, cesserait d'être vraie à partir du jour où les entreprises seraient concentrées.

Mais que l'histoire rêvée par Marx ne soit qu'un roman, de même ordre, de même inspiration que le roman des évolutionnistcs qui se croient rationalistes, il n'en reste pas moins que ce roman est regardé comme une vérité scientifique par un certain nombre de têtes qui pensent peu, ou pas du tout. C'est au nom de ce roman que

l'on a établi la République des Soviets dans toutes les Russies. Les hommes qui ont réalisé ce coup, au nom du prolétariat, attendaient la libération des travailleurs. Si les thèses de Marx étaient vraies, le résultat devait être, par la suppression du profit capitaliste, une amélioration sensible de la condition des travailleurs, qui n'étaient plus frustrés du travail impayé empoché par le capitaliste. La hiérarchie dite capitaliste disparaissant, la production était intégralement libérée. La production devait être réglée « scientifiquement » par des statisticiens qui déterminaient la répartition des matières premières, les conditions de la production et la circulation des produits et denrées selon les besoins. Les résultats ont été contraires à ceux que les doctrinaires attendaient : la production a baissé dans une proportion formidable, le coût de la vie s'est élevé à des taux inconnus sur toute la surface du globe habitée par les civilisés ou les sauvages. Baisse énorme de production et, parallèlement, gaspillage, détournement de produits et de denrées de tous côtés .

C'est au spectacle de ce désordre, de cette misère, que l'on voit l'importance capitale, dans la production et la répartition des biens, d'un facteur dont Marx n'a même pas soupçonné

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