LES FACTEURS DE LA PRODUCTION
Contrairement à ce que l'on croit communément, la production n'est point le résultat de l'action combinée de ce que l'on appelle « le capital et le travail » ; ni de l'action de ces trois seuls facteurs « intelligence, capital, travail » ;
I. Proudhon, à qui il est toujours bon de revenir lorsque l'on cherche les raisons profondes du fait de la propriété, a montré, dans sa Théorie de la Propriété, que la constitution de la propriété est une condition indispensable de la civilisation. Citons une des preuves qu'il en donne : « Le Polynésien, en qui la propriété avorte, et qui jouit dans une entière communauté de biens et damour, pourquoi travaillerait-il? La terre et la beauté sont à tous, les enfants à personne ; que lui parlez-vous de morale, de dignité, de personnalité, de philosophie, de progrès? Et sans aller si loin, le Corse, qui sous ses châtaigniers trouve pendant six mois le vivre et le domicile, pourquoi voulez-vous qu'il travaille? Que lui importent votre conscription, vos chemins de fer, votre tribune, votre presse? De quoi a-t-il besoin, que de dormir quand il a mâché ses châtaignes? Un préfet de la Corse disait que pour civiliser cette île il fallait couper les châtaigniers. Un moyen plus sûr, c'est de les approprier ».
On ne connaît pas assez la Théorie de la Propriété qui est une rectification et une mise au point du fameux « La propriété, c'est le vol. » Proudhon a donné dans cet ouvrage une des plus fortes théories de la propriété. On- trouve encore ce livre précieux chez l'éditeur Flammarion, à Paris.
Valois, Économie. i i
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ni de Faction de ces deux facteurs « technique et main-d'œuvre ». Les hommes bien ou mal intentionnés qui veulent assurer la paix sociale par l'union du capital et du travail perdent leur temps, car ils s'occupent d'unir deux facteurs qui sont, à eux seuls, tout à fait impuissants: ceux qui veulent équilibrer l'intelligence, le capital et le travail ne sont pas beaucoup plus éclairés ; quant à ceux qui veulent assurer la production par la seule collaboration de la technique et de la main-d'œuvre, ils ont de la limaille de fer dans les yeux.
Les facteurs de la production sont plus complexes et si l'on en veut supprimer un, il n'y a pas de production possible. Mais je me hâte de marquer que, de tous, c'est le capital qui joue le rôle le moins important et que, d'ailleurs, c'est lui qui, ainsi qu'il est juste, est le moins rémunéré.
La production est le fruit d'une collaboration hiérarchisée dont les facteurs sont plus nombreux que ne le supposent la petite science des libéraux et l'ignorance épaisse des socialistes :
En premier Heu, vient la conception, œuvre de V imagination créatrice, par laquelle un homme, capitaliste ou non, technicien ou non, conçoit une utilisation de l'eftbrt humain, son organisa-
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tion, son mode de réalisation et son rendement;
En second lieu, le commandement, aptitude du même homme ou d'un autre à réaliser les conceptions de l'esprit, à maintenir les hommes dan6 les voies et moyens de réalisation, à coordonner les efforts pour diriger la technique et la maind'œuvre vers le but cherché ; l'aptitude au commandement est presque toujours soutenue, chez le même homme, par les aptitudes organisatrices ou administratives ; mais ces aptitudes sont secondaires : dans toute entreprise, la fonction essentielle est celle du commandement qui crée et fait observer la discipline indispensable du travail, laquelle n'est jamais librement consentie;
Ensuite, intervient Y Intérêt personnel^ moteur absolument nécessaire de l'activité du chef qui a conçu et qui commande, et grâce à quoi le chef acceptera de s'imposer à lui-même l'elîort de direction et d'organisation que nécessite la réalisation de ses conceptions ;
Alors se manifeste la technique, c'est-à-dire le choix des moyens et procédés de travail, ou la recherche des hommes spécialisés dans la connaissance de ces procédés et moyens;
Enfin, la main-d œuvre agit conformément aux directions générales et techniques des fac-
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teurs qui précèdent et elle reçoit immédiatement le prix de sa peine, par l'utilisation qui est faite :
Du capital, dont le rôle est passif dans la création économique, car il ne fait que se prêter, se louer, ou se faire employer. A ce titre, il ne vient qu'en dernier lieu, et, aussi bien, il n'est jamais rémunéré qu'après tous les autres facteurs de la production. Le capital redevient actif, toutefois, pour le contrôle de l'entreprise, pour l'appréciation des résultats, et, selon le rendement, il s'engage plus fortement, ou se retire, quand il le peut.
Ces facteurs peuvent être distincts par les personnes qui les représentent; ils sont fréquemment unis en de mêmes personnes aptes à remplir une ou plusieurs des fonctions de la production.
Si l'on veut bien analyser sans préjugés le fonctionnement de la production, on s'apercevra que l'ordre hiérarchique de ses facteurs est bien celui qui est présenté ici, non seulement dans la création, mais encore dans la rémunération.
Contrairement aux affirmations des socialistes, le capital proprement dit (c'est-à-dire les hommes qui ne sont que capitalistes) ne gère, ne contrôle, ni ne commande la production, et il n'est rémunéré que pour le prêt qu'il fait de
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lui-même ou pour le risque qu'il consent à courir. Lorsque le capital paraît jouer un rôle plus important, c'est qu'il appartient à un homme ou à un groupe d'hommes qui sont créateurs et chefs d'entreprises en même temps que capitalistes. Le capitaliste, quand il n'est ni créateur, ni chef, ne remplit qu'une fonction, fort importante d'ailleurs : celle d'économe, de conservateur des réserves de produits constituées par les sociétés humaines : c'est un gérant de la fortune acquise, ce n'est pas un artisan de la fortune à créer.
Les vrais maîtres de la production ne sont pas les capitaux, ni les capitalistes. Ce sont les hommes qui sont aptes à employer les capitaux, les leurs ou ceux d'autrui, et qui sont aptes à diriger la technique et la main-d'œuvre. Le capitaliste à qui manque ces aptitudes essentielles ne demeure pas longtemps en possession de ses capitaux. Au contraire, le vrai chef de production peut commencer une entreprise sans capitaux : il ne tardera pas à les conquérir.
La rémunération des facteurs de la production doit être faite, si l'on veut que les entreprises prospèrent, selon les indications que fournit la hiérarchie des fonctions :
La main-d'œuvre est rémunérée selon le
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temps et la qualité et les risques du travail quotidien exécuté;
La technique est rémunérée selon sa compétence et les améliorations qu'elle réalise dans le temps nécessaire à sa mise en train;
L'intérêt personnel, le commandement, la conception sont rémunérés partie selon le travail effectif qu'ils fournissent, partie selon le rendement de l'entreprise elle-même. Pour ces facteurs, le plus gros intérêt porte sur le rendement net, ainsi qu'il convient, puisque c'est ce rendement seul qui permet d apprécier leur valeur ;
Le capital n'est, répétons-le. rémunéré qu'après tous prélèvements quotidiens, mensuels, annuels, effectués en i'aveur des facteurs actifs de la production; et c'est seulement dans le cas où il est intimement lié à la conception, au commandement et au risque total que sa part dépasse celle du simple intérêt de l'argent.
La hiérarchie des facteurs de la production peut être observée dans toute entreprise. On peut la regarder comme un fait. Si l'on veut l'expliquer par une loi de la vie, on n'aura aucune peine à représenter qu'elle ne fait que reproduire dans la vie sociale la hiérarchie des facultés humaines. Que chacun s'observe et il
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découvrira que le fonctionnement de son être lui donne la loi des entreprises sociales : quand nous nous employons nous-mêmes, c'est d'abord notre esprit, notre imagination, servis par notre intelligence, qui conçoivent l'action; notre énergie commande ensuite, notre intérêt ou nos appétits nous meuvent, notre savoir technique nous sert, et, enfin, notre main manie l'outil sur les matériaux (notre capital) que notre esprit a décidé de risquer ou d'employer.
C'est l'ordre éternel qui est inscrit dans la nature humaine, qui se reproduit dans les œuvres de l'homme, et contre lequel toutes les insurrections seront éternellement vaines.
Du moment on 1 on possède une connaissance scientifique de la valeur, des facteurs et des conditions de la production, on est en mesure de connaître le mode de détermination des prix et par quels moyens on peut agir individuellement et collectivement pour les comprimer. On sait que la fixation des prix n'est pas un phénomène qui échappe au pouvoir de l'homme ou des sociétés et qui dépende des insaisissables fantai-
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sies de chacun. Les prix ne sont en aucune manière soumis à l'offre et à la demande ; ils dépendent d'éléments extérieurs à l'appréciation du désir ou du besoin, et l'on retrouve, dans tous les prix, les mêmes éléments constitutifs, dont le dosage seul varie. On peut faire l'analyse des prix, en quelque sorte, avec la même rigueur qu'une analyse chimique.
Tous les prix sont basés sur le prix de revient de la production et du transport des denrées et des produits fabriqués. Mais il entre, dans la constitution des prix de revient, plus d'éléments que l'on ne le voit communément.
I. — Premièrement, tout produit, toute denrée, est grevé de ce que nous pouvons nommer les frais généraux nationaux ou sociaux, c'est-à-dire des frais que nécessite l'entretien de l'appareil d'Etat qui oblige les cito;yens au travail et défend les produits de leur travail contre le pillage intérieur ou extérieur (ces frais généraux comprennent nécessairement toutes les dépenses d'Etat pour les services nationaux de l'armée, de la marine, de la police et de la justice, des travaux publics de toute nature qui servent soit au développement économique soit au fonctionnement des services d'Etat). Ces frais généraux nationaux, que chacun serait obligé de s'impose
si l'Etat ne remplissait pas sa fonction, sont imposés à toutes les entreprises sous la forme des impôts de toute espèce. L'impôt est donc la rémunération des efTorts humains qui assurent le service d'Etat qui permet la création économique.
Les frais d'Etat sont le premier élément constitutif de tous les prix. Il va de soi que, lorsque l'Etat est mal géré, ou supporte, comme c'est le cas après une guerre, des charges exceptionnelles, les frais d'Etat sont plus élevés et la part de ces frais qui incombe à chaque entreprise retentit nécessairement sur le prix des choses'.
II. — Les produits ou denrées sont ensuite grevés, avant même leur fabrication, de la rente payée au capital engagé dans l'entreprise et au
I. La connaissance de ce fait que les frais d'Etat sont la première rémunération de tout travail est d'une importance capitale pour la détermination des modes d'imposition. A titre d'indication, on peut montrer ici que les frais d'Etat devant être à l'origine et non à la lin de la création économique, les impôts doivent, autant que possible, être rapprochés de celte origine. Linipi^t sur les bénéfices, appliqué en France au cours de la grande guerre, est une absurdité. Que les chefs d%ntreprise fassent des bénéfices ou n'en fassent pas, ils doivent pa>er à l'Etat leur part de frais généraux nationaux. L'impôt sur les bénéfices est une invention d'hommes ignorant les premiers principes de l'économie, et qui croient que le bénéfice industriel ou commercial théorique qui entre dans le prix de tout produit ou de toute denrée, devient nécessairement un bénéfice réel d'entreprise.
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terrain sur lequel l'entreprise est installée. Cette rente n'est autre chose que la jémunération des efforts de toute nature incorporés dans la terre, les bâtiments et constructions, l'outillage, qui sont mis à la disposition d'une entreprise nouvelle sous la forme du capital. Ce n'est pas une rente gratuite à un capital intangible: c'est en réalité la rémunération des efforts antérieurs, qui ont été économisés par d'autres et dont le résultat est prêté aux nouvelles entreprises, afin qu'elles puissent produire immédiatement, sans attendre d'avoir fabriqué elles-mêmes leur outillage, et qu'elles puissent nourrir leurs travailleurs, sans attendre les résultats de leurs premiers travaux. La charge supportée ainsi par les produits et denrées varie de un à cinq pour cent de la valeur marchande des objets ; elle permet d'économiser une charge qui serait beaucoup plus lourde si les entreprises étaient obligées de fabriquer elles-mêmes tout leur matériel avant de se donner à Tobjet propre de leur production. Dans ]a suite, les entreprises continuent d'être grevées des mêmes charges, non envers le capital initial qui est usé, éliminé, ou amorti dans un temps plus ou moins long, mais envers les capitaux qu'elles tirent de leurs bénéfices et qu'elles incorporent chaque année pour renou-
vêler leur matériel ou leurs constructions.
ÏII. — Entre ensuite dans les prix la rémunération des efforts intellectuels qui ont fourni la conception de l'entreprise, le mode de création, le mode d'organisation.
Dans l'établissement des prix, il est toujours tenu compte de la rémunération moyenne du capital et de la conception ; mais cela ne signifie pas que cette rémunération sera effective, car elle ne le devient que si l'entreprise produit des bénéfices, c'est-à-dire si, en fin d'année, on se trouve avoir une économie de résultats sur l'ensemble des efforts, toutes les autres rémunérations, à l'Etat, à la technique et à la maind'œuvre étant faites.
TV. — On passe ensuite aux rémunérations fixes, qui seront effectives, quels que soient les résultats du travail, c'est-à-dire :
A. — La rémunération do la direction, du commandement, de l'organisation, c'est-à-dire des aptitudes d'un ou de plusieurs hommes à diriger, à discipliner, à coordonner, à économiser les efforts humains, à surveiller l'emploi du temps et des matériaux et à conserver les constructions et l'outillage. La rémunération de ces fonctions est proportionnelle à l'aptitude plus ou moins grande des hommes à réaliser
réconomie d'elTorts, de temps et de matériaux;
B. — La rémunération de la technique. Il s'agit de payer les efforts intellectuels qui ont abouti à la connaissance et à l'emploi, par des hommes spécialisés, des règles de culture et de fabrication . La rémunération des techniciens (ouvrier spécialisé, artisan, technicien proprement dit) est proportionnelle, non à la durée du travail effectué, mais à la durée et à la qualité des efforts employés à l'acquisition de la technique et aux aptitudes plus ou moins grandes de chacun à l'utilisation de la technique, — c'està-dire proportionnelle à l'économie de temps et d'efforts que la technique permet de réaliser ;
G. — La rémunération de la main-d'œuvre, qui est proportionnelle à la durée du travail, à l'habileté professionnelle, aux qualités intellectuelles et physiques grâce auxquelles le travailleur comprend et réalise plus ou moins vite les instructions qu'il reçoit pour l'exécution du labeur. La main-d'œuvre est rémunérée au prix de la vie, c'est-à-dire au prix que coûte, dans un temps donné, selon les usages et les mœurs, l'entretien d'une famille. Dans une société bien organisée, la rémunération de la main-d'œuvre doit être telle que le travailleur se trouve à l'abri de tous les coups du sort et que, par l'épargne
personnelle ou la garantie collective, sa vieillesse soit assurée.
Ce sont là les éléments constitutifs essentiels des prix, que l'offre et la demande sont absolument impuissants à modifier. Les variations des prix, dans un sens ou dans l'autre, ne proviennent que des variations de l'un ou l'autre des éléments, ou de l'ensemble, exprimé par le rendement général. Une baisse de prix ne peut être obtenue que par une augmentation du rendement général, ou par une amélioration des méthodes employées par la direction des entreprises, ou par une amélioration de la technique, ou par une élévation de l'habileté professionnelle de la main-d'œuvre, ou enfin par une diminution des frais d'Etat. Il est intéressant de bien marquer ces conditions dans le temps de vie chère où nous sommes.
Il convient d'observer que les éléments constitutifs des prix que nous venons de citer s'expriment trois fois dans les prix de tous produits et denrées.
Ils s'y expriment une première fois pour la production proprement dite, une seconde fois pour le transport, une troisième fois pour le commerce ou répartition des denrées et produits entre les consommateurs. La valeurn'est,enefîet,
définitivement créée que lorsque la denrée ou l'objet fabriqué sont transportés dans les endroits oii ils sont utilisables par l'homme. Si l'on amasse des milliers de tonnes de houille dans un pays chaud et sans industrie, on crée une valeur économique dont la valeur ne sera acquise que lorsque la houille aura été transportée sur les lieux ovi elle peut être utilisée. On est ainsi amené à concevoir que les prix s'établissent en fonction de la valeur (ou du coût) de. la production et, ensuite, de la valeur d'utilisation créée par le transport et le commerce. Les objets et denrées sont intégralement valorisés ou dépréciés selon que le commerce et le transport les distribuent bien ou mal. Si l'on transporte des fourrures et des vêtements chauds dans les régions tropicales, on déprécie presque complètement des marchandises qui ne pourront retrouver leur valeur que dans les pays tempérés ou froids. La valeur de production ne peut être conservée que par une distribution heureuse des marchandises. Ce qui revient à dire que la valeur économique est créée par la production et le commerce. Le commerce, que l'ignorance socialiste déclare être une sorte de vol légal accompli par des intermédiaires qui majorent le prix des marchandises , le commerce est en vérité
la science et l'art qui président à une répartition des biens telle que produits et denrées acquièrent leur valeur économique intégrale. L'objet du commerce est de donner aux marchandises leur valeur d'utilisation en les transportant sur les points du monde où ils sont utilisables, et, ceci, dans les conditions de transport les moins coûteuses. Le commerçant apparaît comme un délégué intéressé, par le profit qu'il réalisera, à la bonne répartition des marchandises. Le producteur vend les marchandises au commerçant au prix de la production ; le commerçant les vend au prix d'utilisation, c'est-à-dire au prix de production augmenté des frais propres aux entreprises de transport et des frais propres aux entreprises commerciales.
En fin d'analyse et en résumé, nous arrivons à préciser que les prix sont constitués, irréductiblement, par les éléments suivants :
a) frais généraux nationaux, ou frais d'Etat, incorporés aux prix par la voie de l'impôt;
b) frais de la production, du transport, du commerce, comprenant tous trois :
la rémunération de la direction et de
l'organisation ; la rémunération de la technique ; la rémunération de la main-d'œuvre;
la rémunération des terrains et capitaux quand ils sont loués ; qui sont effectives en tout état de cause; et. enfin,
la rémunération des capitaux engagés et de la conception des entreprises, théorique dans toute entreprise, effective dans les entreprises bien conçues et bien organisées.
L'offre et la demande sont impuissantes à modifier les prix qui comprennent nécessairement tous ces éléments. Si les prix de vente ne pouvaient couvrir tous les frais exposés, par suite du prétendu jeu de l'offre et de la demande, la production, le transport et le commerce suspendraient immédiatement leur travail. Quelle que soit l'offre, quelle que soit la demande, les prix ne peuvent jamais descendre au-dessous des frais totaux qui viennent d'être énumérés; leurs variations sont uniquement déterminées par les variations du coût de chacun de leurs éléments constitutifs.