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LE REGIME DE LA CONTRAINTE MUTUELLE

U^E CONDITION NÉCESSAIRE DU PROGRÈS ÉCONOMIQUE : LE RÉGIME DE LA CONTRAINTE MUTUELLE

Aucun des éléments constitutifs des prix ne peut être supprimé ; mais la proportion de chacun d'eux peut varier, et chacun d'eux peut supporter une certaine compression, sous la pression du consommateur qui agit toujours dans le sens de la réduction proportionnelle ou absolue des prix, ce qui exprime la tendance à la réduction des efiorts humains. Or, la compression des prix ne peut dépasser une certaine limite : si la compression des salaires met la main-d'œuvre dans la misère, — si la compression de la rémunération de la direction retire tout intérêt à l'effort de direction, — si la compression des bénéfices enlève tout profit à l'entrepreneur, — si la compression de l'intérêt au capital ne compense pas les risques courus par le capitaliste, — si la compression des frais d'Etat ne permet plus l'entretien des services publics, l'Etat ne remplit pas sa fonction, le capitaliste se retire, l'entrepreneur cesse de concevcir, la direction cesse d'organiser, la maind'œuvre cesse de travailler; que l'un ou l'autre de ces éléments soit défaillant, et la production

Valois. licoQuuiie. ij

est arrêtée. Il y a donc une limite à la compression des éléments des prix. Cela n'empêche pas cependant la compression des prix eux-mêmes, car il y a un moyen de réduction que l'humanité ne cesse d'employer, sauf pendant ses périodes de décadence : c'est le perfectionnement technique, qu'il porte sur les méthodes de travail ou sur l'outillage et le matériel.

Mais la réduction des prix par le perfectionnement technique ne peut se produire que dans des conditions politiques, économiques et sociales où les facteurs de la production et de la répartition agissent automatiquement dans ce sens.

Les économistes libéraux ont cru que ces conditions se trouvaient réalisées dans le régime politique de la démocratie et dans le régime économique de la libre concurrence. Ils considéraient que la recherche des bas prix par le consommateur, portant chaque industriel à réduire ses prix pour se donne)" un avantage sur les marchés, contre ses concurrents, l'industrie serait naturellement portée à réahser la baisse des prix par le perfectionnement technique. La raison indiquait que ce phénomène ne devait pas se produire intégralement: l'expérience a montré que, si l'on a obtenu, dans ce régime, des perfectionnements techniques incontestables,

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