LA SALUTATION A LA PAIX
La Victoire, en chantant...
Nous avons travaillé, avant 191^, dans Vatfente de la guerre. Depuis 1914, nous avons combattu pour la paix. Sommes-nous satisfaits, camarades? Recevons-nous des messieurs en redingote la paix que nous avions imaginée sous nos capotes boueuses? Non. Nous voulions que la victoire et la paix apportassent à la France et à ses enfants le paiement de leurs souffrances, de leurs pertes, de leurs ruines. Nous avons conquis la gloire. Mais les biens qui devraient raccompagner nous échappent. Sommes-nous déçus, camarades? Non. Car si nous avons souvent rêvé à la douceur d'une paix digne de nos sacrifices, nous savions bien que les idées au nom desquelles on disait nous conduire au combat nous priveraient, notre pays et nous, des biens que nous conquérions. Notre raison, depuis le 2 août 191U, na cessé de nous rappeler* que la signature de la paix ne serait pas
le signal du repos, et que la paix serait aussi dure que la guerre.
Nous avons combattu sans illusions. Aous entrons dans la paix sans déception. Pendant ces longues années de guerre, dont chaque jour, dont chaque événement confirmait V avertissement du premier jour, nous avons conquis des biens que nul ne pourra nous ravir et qui seront notre salut. Nous avons amassé au ciel de France d'immenses trésors que ne peuvent atteindre ni le porteur de torches ni le porteur de chèques. Nous avons conquis la victoire, camarades ! L'esprit de la victoire est désormais avec nous. C'est sous le signe de la victoire que nous nous mettons au travail. Nous entrons avec la victoire dans le monde nouveau créé par la guerre. Aucune force ne prévaudra contre celle qui nous possède et que nous possédons.
Avec le secours de cette force, nous pouvons allègrement Jaire front contre les deux barbaries qui nous menacent : la barbarie ploutocratique et la barbarie marxiste. Il se trouvera des cœurs lâches pour se donner à l'une par terreur de l'autre; des cœurs troublés pour se donner à la seconde par haine de la première^ Mais il y a, en France, des nobles, des bourgeois, des ouvriers et des intellectuels, combattants de l'avant-guerre et