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LA METHODISATION DE LA PRODUCTION

dans l'industrie de guerre. 11 y a peu à dire sur ce point. Il ne reste qu'à mettre en garde les industriels contre des applications brutales de la méthode qui iraient contre les doctrines mêmes de son inventeur et de ses successeurs. Il reste également à appeler l'attention sur ce fait que, dans la mélhodisation du travail dans les entreprises privées, il y a avantage à partir de la direction pour aboutir aux ateliers, plutôt que de partir d'une conception de l'atelier pour aboutir à une conception de la direction.

Il est en tout cas incontestable qu'une appli cation intelligente des deux méthodes ' est un des moyens les plus sûrs d'augmenter la production, de faire baisser les prix de revient et de vente et de mieux rémunérer le travail.

La méthodisation du travail corporatif aboutira vraisemblablement à des résultats égaux sinon supérieurs. Dans cette direction, les idées n'ont pas encore la netteté qu'elles ont acquise en ce qui concerne le travail individuel ou l'organisation de l'usine. Toutefois, on pourrait dire d'un mot qu'il s'agit d'appliquer au travail de

I . On lira avec fruit les exposés des deux méthodes qui onl été donnés par les représentants des deux écoles : Le système Taylor, par C. Bertrand Thompson (Paris, Payot, 1919); Essai sur la conduite des affaires et h direction des entreprises (Doctrine Fayol), par J. VVilbois et P. \ anuxem 1 Paris, Pavot. 1919)-

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toute une corporation un ensemble de règles analogues à celles que l'on peut appliquer à l'intérieur d'une usine ou d'une maison de commerce. Une telle réforme, an le voit du premier coup, ne peut aller sans une réforme profonde de nos idées et de nos mœurs; on se rend compte, dès l'énoncé du principe, qu'elle modifie très fortement la conception que le chef d'entreprise se forme de sa fonction.

Dans l'ancien régime économique (nous nommons ancien régime économique le régime de l'économie libérale), le chef d'entreprise se conçoit comme une sorte de chef absolument indépendant, réglant à sa guise les conditions de la production et du travail. 11 s'y croit libre ; il ne tolère pas, il ne conçoit même pas que les membres de sa corporation lui donnent des règles de fabrication. Il entend faire usage de son seul bon sens ou de sa seule fantaisie pour déterminer la qualité et les dimensions des objets qu'il fabrique. En réalité, il jouit en effet de sa liberté, mais dans des limites fort étroites. Fabricant de tapis, il a licence d'établir ses séries avec des différences de dimensions de quelques centimètres sur les séries de ses concurrents. Editeur-libraire, il emploiera des papiers qui ne seront pas exactement du même format que ceux

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