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LA LIBERATION DE LA PRODUCTION

Répondant aux vœux des classes ouvrières qui les pressent de renouveler l'outillage et les méthodes de la production, les syndicats et ^ groupements patronaux poursuivent un travail intense de réorganisation. L'activité générale des chefs du commerce et de l'industrie s'exerce non dans le sens d'une « défense » contre les revendications ouvrières, mais comme une action positive tendant à faire baisser le prix de la vie et à donner à la France un nouvel essor économique.

Voilà un mouvement excellent, et qui n'a rien du conservatisme social que l'on a pu reprocher, dans lavant-guerre, à certains groupes patronaux. Un des premiers objets du mouvement a été de faire tomber les entraves que l'Etat a inventées pendant la guerre pour (on pourrait

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dire : contre) la production ; il s'agit des taxations, des réquisitions, des consortiums, et de toutes tentatives d'étatisation. Mais on a réclamé le retour à la liberté du commerce. Est-ce bien le nom du régime où l'on veut entrer? Nous en doutons. Il y a le plus grand intérêt à ce que l'on ne donne pas un faux nom à un régime nouveau qui ne pourra vivre sur les mêmes idées que celui du xix* siècle.

Mais, d'abord, posons les questions fondamentales :

Convient-il, dans l'intérêt de la production, de libérer les producteurs des entraves que l'Etat leur a données pendant la guerre.»^ Convient-il de lutter contre les taxations, les réquisitions des moyens de production et de transport, contre toute tentative d'étatisation.'*

Sans hésitation : oui, à tout prix, si l'on veut empêcher la décadence économique.

Libérera- t-on la production en la replaçant dans le régime dit de la liberté du travail et de la liberté du commerce ?

Sans hésitation encore : non, car noiis avons à créer un régime économique nouveau dont les institutions seront incompatibles avec les idées, les usages et les coutumes commandés par ces dogmes de l'économie libérale. Prenons-en net-

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