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LE PROBLÈME DE LA VIE CHERE

tionnaire, da fait que l'on vivait sur les stocks d'avantguerre fabriqués aux prix d'avant-guerre. Le paysan n'augmentait pas le prix de son beurre parce que le cordonnier n'avait pas augmenté le prix de ses chaussures. Et réciproquement.

Vers la fin de igiô et en 1916, les stocks s'épuisent un peu de tous côtés. La durée de la guerre dépassant les prévisions, il faut remettre en fabrication sans attendre la fin de la guerre. A partir de ce moment, le coût de la production des fabrications nouvelles s'élève parce que les fabrications sont assurées par une main-d'œuvre d'une moindre valeur technique; parce que l'on est obligé de payer plus cher la main-d'œuvre qualifiée qui reçoit de hauts salaires dans les usines de guerre ; parce que l'on est obligé de payer plus cher toutes les matières premières dont la recherche, l'extraction, le transport coûtent plus cher.

Quand le paysan vient, à ce moment, faire réparer ses machines, acheter du matériel, des engrais, des vêtements, il constate et accepte une majoration déjà sensible. A son tour, il augmente ses prix. D'autre part, il y a déjà un accroissement des vignettes mises en circulation par l'État pour payer des dépenses de guerre. La valeur du papier baisse parce qu'une partie représente du travail consommé par la guerre. C'est alors que la vie devient chère, l'écart entre les prix et le pouvoir d'achat s'accusant. A partir de 1916, l'écart s'accentue.

Les consommateurs subissant la hausse sur les produits de la terre et de la manufacture, réclament des augmentations de salaires, qui retentissent de nouveau sur le prix des produits, puis des denrées. Les emprunts d'Etat se succèdent, alourdissant les charges de l'État ; le papier mis en circulation augmente. Les prix montent tandis que le pouvoir d'achat diminue.

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La majorité des Français espéraient une baisse du prix de la vie à l'armistice ou à la signature de la paix. Si l'on avait mieux réfléchi, ou aurait compris que c'était au contraire à ce moment que la cherté de la vie se ferait le plus sentir. C'est, en efFet, l'époque où l'on commence à consolider les charges de guerre et où, par suite du réajustement des démobilisés au travail, une baisse de la production était inévitable. La main-d'œuvre qui quitte le travail y apporte moins de goût; celle qui y revient est obligée de faire une nouvelle mise en train.

On aurait pu éviter, par une politique prudente et forte, le bond des prix de fin 1918 à juillet 19 19. Une politique imprévoyante a aggravé la situation. La journée de huit heures, dont il y a lieu d'approuver le principe en vue des résultats futurs, a été appliquée au moment le plus mal choisi. Il était inévitable que, dans l'impossibilité où l'industrie était de renouveler son matériel, elle déterminât une baisse de production et, par conséquent, une hausse du coût de la production. Nous payons tous les frais d'une expérience dont le principe seul aurait dû être posé cette année et l'application remise à six mois ou un an après la démobilisation.

En résumé, les causes d'augmentation du prix de la vie, aggravées par une mauvaise politique, par l'accaparement et la spéculation, résident surtout dans la hausse du coût de la production industrielle, et la diminution du pouvoir d'achat vient du fait que la production est grevée de frais généraux nationaux très fortement accrus. Ces deux éléments ne sont en aucune manière irréductibles, mais il ne faut pas se dissimuler que leur réduction très sensible ne peut s'opérer en quelques semaines. Les baraques Vilgrain, les coopératives, les prix normaux peuvent limiter les exercices des mercantis, mais ne changeront rien au lait qu'il faut prélever chaque année

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25 milliards sur la production française. Il faut bien voir cela, si l'on veut agir efficacement et le plus rapidement possible vers la baisse des prix.

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