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LA PRETENDUE LUTTE DES CLASSES

d'une idée fausse, celle de la lutte de classes, elle se retourne contre le prolétariat qu'elle a cru servir.

Marx s'est trompé et sa pensée a été génératrice de massacres aussi odieux qu'inutiles. C'est un des plus singuliers spectacles que de voir un mouvement historique engendré par la pensée d'un homme qui a fondé la doctrine du matérialisme historique : ce n'est pas la lutte de classes qui a fait agir le prolétariat russe; c'est le dogme, l'idée de la lutte de classes, l'idée de la révolution sociale (ce que Sorel nomme le mythe social), c'est ce dogme, cette idée, ce mythe, qui, maniés par des intellectuels et des aventuriers, ont soulevé les classes ouvrières et les ont soumises à la dictature du militarisme bolcheviste. Des événements d'une portée considérable ont été ordonnés par la doctrine d'un homme qui ne voyait dans les doctrines que des expressions de mouvements. La doctrine reposant sur une erreur, la nation qui l'a subie est ruinée.

La première conclusion à tirer de l'expérience russe est que, si l'on veut lutter contre les mouvements dits de lutte de classes menés au nom du prolétariat, il faut diriger l'action non contre le prolétariat, mais contre ceux qui agissent sur son esprit pour se subordonner la force qu'il représente. Ce prétendu mouvement économique, c'est un mouvement idéologique. Ses chefs prétendent exprimer la volonté du prolétariat. Ils ne font qu'exploiter ses besoins et ses passions. La prétendue lutte des classes est menée, non point selon les intérêts des classes ouvrières, mais selon les directions de la doctrine des intellectuels marxistes. Les hommes qui voudront la combattre ne devront donc pas s'organiser en groupe de classe pour se dresser contre les classes ouvrières; leur mode de formation devra être intellectuel et politique ; leur action devra viser le groupe intellectuel et politique qui fabrique et répand l'idéologie marxiste. Encore une fois : esprit contre esprit, et non classe contre classe.

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