CHAPITRE DEUXIÈME
f DE LA DISTRIBUTION DES RICHESSES.
f La distribution des richesses, dont il sera question
1 tlans ce chapitre, n’a rien de commun avec celle que
! les socialistes ont rêvée. Elle supjiose l’existence de la
propriété individuelle, loin d’en provoquer la suppression. Ce que les économistes se sont surtout proposé
ni
en l’étudiant, c’est de déterminer les phénomènes que présentent 1“ le partage des bénéfices entre ceux qui ont contribué à les réaliser, â** la répartition des [>rodiiits entre les consommateurs au moyen des transports et du commerce.
Lorsipi’une chose a olitenu une plus-value par relfet <le la production, les profits se distribuent de la manière suivante : une partie est accordée au propriétaire du sol ou de la matière qui a servi à l’exploitation; une seconde au bailleur des capitaux; une troisième aux travailleurs, directeurs et surveillants; une quatrième au fermier ou à l’entrepreneur. Le reste (‘onstilue le profit net. Il est évident que si le propriétaire foncier (“iiltive lui-même son bien avec ses propres ressources, il perçoit l’intérêt de l’argent que vaut son domaine, le salaire de ses travaux et l’intérêt des capitaux consacrés à l’exploitation.
Pour ne pas éprouver de mécomptes, il faut qu’il trouve aussi les sommes nécessaires à l’entretien et au renouvellement de tout ce {}ui est indispensable à une bonne exploitation et qui se détériore par l’usage : dans cette catégorie on place les charrues, les bêches, les «‘barrettes, etc. Si le cultivateur ne mettait pas dans le chapitre des pertes les sommes correspondantes à l’usure des instruments agricoles, il ferait de faux calculs, et il pourrait manquer ensuite des fonds dont il aura be.soin pour maintenir en bon état l’outillage de sa ferme.
Ce que je viens de dire de l’agriculteur s’applique (‘gaiement à l’industriel qui opère par lui-même et avec ses capitaux. Pouvant se suffire, il recueille seul les avantaii:es dont il aurait été obligé d’abandonner une
paî t à ceux qui lui auraient aidé à les obtenir. Mais l’excédant des recettes sur les dépenses annuelles n’est pas toujours pour lui un profit net. Il faut qu’il en déduise, pour administrer sagement, les sommes applicables à la conservation , à la réjiaration et au renouvellement des usines et du matériel.
A cette répartition, qui a pour objet les bénéfices obtenus au moyen de la production, on en joint une seconde , d’une espèce différente : c’est celle qui s’etfectue par l’industrie des transports et par celle du commerce. Supposons qu’au sein d’une mine située au Mexique des ouvriers aient tiré d’un riche filon une certaine quantité d’argent. Parce travail, ils ont donné à ce métal une plus grande valeur; mais cette extraction n’aurait guère de résultats et finirait même par constituer une perte, si elle n’étail rendue lucrative par une autre industrie, par celle des transports, qui a ici pour objet d’amener le minerai à l’usine où a lieu la fonte, puis de transporter l’argenl , arrivé à son état de pureté, dans les pays où il peut être vendu.
11 en est de même à l’égard du coton, du sucre, du café, de la morue, etc. Ces produits de l’agriculture et de la pêche attendent , pour créer un bénéfice au colon et au marin, une nouvelle opération, celle de leur distribution entre les mains des acquéreurs. La production les a extraits, les a recueillis, les a modifiés, transformés ; mais ce n’est pas assez; il faut qu’ils soient mis à la portée des consommateurs. Ce qui amène leur prompt débit, ce qui augmente leur valeur, c’est qu’ils sont mis, au moyen des transporls et du négoce, à la disposition de ceux qui en ont besoin.
11 ne saurait entrer dans mon cadre de traiter de la