DES DÉBOUCHÉS
venance ? Le numéraire sans emploi est sans utilité, puisque par sa nature il est l’intermédiaire des échane;es.
Au reste, si tous les vendeurs conservaient leur encaisse, le prix auquel ils livreraient leurs produits dimi-
nuerait forcément chaijiie jour : il arriverait même un moment où ils ne pourraient trouver d’acquéreurs. C’est facile à concevoir. Le numéraire, étant sans cesse enfoui par les producteurs, deviendrait rare de plus en plus. Comme la rareté de l’offre augmente le prix des choses, il s’ensuivrait que l’or, diminuant chaque jour sur le marché, arriverait à une plus grande valeur par rapport aux divers objets mis en vente. Ainsi le blé baisserait continuellement de prix ; il passerait successivement à quinze francs, à dix francs, à cinq francs.
D’un autre côté, les vendeurs, accroissant sans cesse leur numéraire, en auraient un moindre besoin.
et ils seraient en conséquence plus exigeants. On aboutirait ainsi à l’absurde, à cette situation impossible, que les vendeurs élèveraient d’autant plus leurs prétentions que les acheteurs leur feraient des offres plus réduites.
Aussi n’est-ce pas de la sorte que les choses se passent. Les faits démontrent que les hommes ne regardent pas le numéraire comme constituant les véritables richesses. Les citoyens prudents accumulent des propriétés foncières, des immeubles urbains, des actions
industrielles; ils n’eqtassent pas sans fin des piles d’écus.
Comme on répète sans cesse que nous sommes tributaires de l’étranger, que les Anglais nous enlèvent nos
LA distribution DUS RICIIUSSUS,
es|.,.ces monélaires par la si.périorilô ,1e leurs produils, examinons les phénuincnes ,|ni se pix-sentent lorstnie nous faisons avec eux des opéralions commerciales. Supposons qu’il s’agisse de colonnades : mi falirieani nous vend ses tissus et il reçoit notre argent. Qui s’anpauMit ICI? hsl-ce la France? est-ce l’Angleterre?
aliord, la France ne s’appauvrit pas, puisqu’elle reçoit les eloUes utiles qui constituent une véritable ricliesse. Si quelqu’un perdait ilans cet éclianee ce serait l’Angleterre, qui, à la place d’un produit liest’iné al habillement, n’aurait en retour que du numéraire, ou e OIS , elle ne s appauvrit pas, parce qu’avec cette somme elle achète nos vins , nos articles de goût. Chacun des deux pays s’enrichit en se poiirvoianl , au
moyen de l’échange, des objets miles qu’if n’avait pas.
Av demeurant , quel usage le marchand anglais ferait-d de son numéraire ? A-t-on jamais appris que les coffres-forts de la riche Albion regorgent d’or et <1 argent ?Les industriels de ce pays, si intelligents dans les affaires, se gardent bien d’accumuler dans leurs caves les sommes qu’ils ont reçues en retour de leurs marclianilises : ils les réexportent en Amérique pour O tenir du coton , en Afrique pour acheter des aromates, en France et en Espagne pour se procurer les uns que leur lie ne leur fournit pas. C’est par ces échangés qu ils sont riches, qu’ils jouissent des produits divers répandus sur le globe entier. Le jour où ils garderaient leur numéraire, nous cesserions de leur vendre nos produits et nous nous bornerions à li’oquer quelques-uns de nos articles contre les leurs, ne autre cause les force encore à exporter leur