‹ L'Economie sociale au point de vue chrétien [microform]Chapitre 37 sur 57 · DES DÉBOUCHÉS · texte numérisé non relu

DES DÉBOUCHÉS

minicraire. S’ils retenaient dans leur rovaiiine toiil

celui qui leur arrive des pays étrangers, son abondance élèverait chez eux toutes choses à des prix exorbitants. La valeur des denrées et des autres articles doublerait, tiiplerait en suivant une échelle proportionnelle à racciunulation des métaux précieux. Le pain pourrait être vendu en Angleterre deux francs, trois francs le kilogramme, tandis (fu’en France il ne coûterait pas plus d’un demi-franc. Quel serait alors l’intérêt des Anglais ? Ce serait de nous envoyer leur or pour acquérir nos grains et nos autres produits, et diminuer ainsi des deux tiers leurs dépenses journalières. Ils ont tro]i de sens pour agir din'éremment. On ne les verra jamais faire des réserves monétaires, qui leur seraient ruineuses, atin de se donner le plaisir d’empiler l’or dans leurs caisses.

Quand je dis que les produits d’un pays s’échangent contre d’autres produits, je ne prétends pas que ceux d’une espèce soient livrés contre d’autres de même nature ou de nature semblable. Je veux dire seulement qu’en moyenne la valeur des exportations égale à peu })rès celle des importations. Nous vendons à l’Angleterre les objets dans la fabrication desquels nous lui sommes supérieurs, et à notre tour nous recevons de ses mains les produits que nous avons intérêt à lui acheter, soit à raison de leur excellente confection, soit à raison de leur l>on marché.

Ce n’est pas non plus à dire que la somme des achats et des ventes soit égale entre toutes les contrées qui sont en relations d’alfaires. Il peut très-bien arriver que Lune vende à l’autre plus qu’elle ne lui achète, ^lais pour chacune d’elles la balance entre les importations

ni; la msTniiiL-Tio.N des iiicmksses.

niSTniIlL-TIO.N DES IIICIIESSES.

Iclion des iransjic ions passées avec les diverses nadons. Si I une déliés

it plus de ventes avec un pays, elle fait plus d’achats

^ ec un autre. En définitive, les produits totaux cju’elle

<1 acquis des marchands étrangers ont été payés lar la

'ente de ses propres produits. ‘

Ce qui trompe dans celle matière et donne à croire que le numéraire constitue la richesse, c’e.st qu’il sert a raison de l’usage général auquel il est consacré -’i

leiidant propre a nous faire obtenir les choses oue nous desirons, nous lui accordons des facultés qu’il n’a pas en réalité. Par l’habitude où nous sommes d'acquuii es biens, de nous faire transporter movennani

irsoui^'T “h-”'’ l'‘"’Penüomme

e de ces biens et de ces services. Mais en exa-

mmant les choses de près on demeure convaincu qu’il

est pas la richesse véritable, qu’il est seulement Un instrument précieux d’échange.

^loutefbis, la théorie des débouchés, telle ipie je l’ai expliquée, n’est pas absolue. Elle est soumise l’i des

,enc! T’ "î '7 éprouve des intermit-

ence.. || existe des peuples, tels que les Turcs, qui

cnfouisseiil leur or, soit par la crainte d’être rantonnes pai leurs chefs, soit par l’ignorance où ils sont des avantages sans nombre attachés à la circulation du numéraire. Même chez les peuples civilisés I existe des moments où le courant des espèces monétaires est subitement arrêté. Celte suspension se pro- .iuit toujours plus ou moins dans les crises politiques ou commerciales. Mais de tels cas tiennent à des causes particulières et se reproduisent rarement. Dans sa

DE LA COXSO.M.M ATION

généralité la théorie des débouchés est incontestalile , et son application reprend infaiiliblement son cours lorsque ces perturbations accidentelles cessent d’entraver la marche naturelle des transactions.

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