‹ L'Economie sociale au point de vue chrétien [microform]Chapitre 48 sur 57 · DE L’IMMIXTION DE L’ÉTAT · texte numérisé non relu

DE L’IMMIXTION DE L’ÉTAT

paternelle, ni l’enseignement de la jeunesse , bien cpie les communistes réclament en sa faveur cette haute tutelle; ainsi elle se réserve la faculté, (ju’elle tient d’elle-même et non de la loi, de secourir les malheureux selon les maximes de la religion que chacun est eu droit de professer. La liberté de l’aumone n’est pas moins sacrée que celle delà propriété, dont elle est une dépendance, et elle est essentiellement liée à celle des cultes.

Je sais bien que rimmixtion du pouvoir civil dans les œuvres de bienfaisance ne constitue point encore une centralisation exclusive. Loin d’en être ainsi, on proclame, du moins en théorie, la liberté de la charité privée; mais il ne faut pas s’y tromper, l’action de l’Ftat deviendra de plus en plus prédominanle, et elle finira par se substituer à celle des individus et des sociétés organisées sous la bannière de la religion. Les règlements actuels ne sont qu’une [lierre d’attente; si éloignés que l’on suppose les préfets qui en sont les auteurs de viser à la suppression de la charité pratiijuée sous la direction de l’autorité ecclésiastique, iis n’en préparent pasmoinsla voie. A une époque où rien n’est de natui'e à nous surprendre, il est naturel de craindre que les comités, se trouvant tout organisés, ne finissent par être déclarés seuls légalement autorisés à recueillir et à distribuer les aumônes, comme aujourd’hui les bureaux de bienfaisance se disent seuls en droit de faire des quêtes en faveur des indigents secourus à domicile.

Or, rien n’est plus opposé qu’une telle prétention à la mission du prêtre catholique, laquelle ne se borne point à prêcher le devoir de l’aumône, mais a, en même temps, pour objet, d’après l’ordre divin, le soulagement des

i>j: la cunsom.matiox.

malheureux. Tout eu instruisaut la foule dans le désert, Jésus-Christ la nourrissait j)ar la multiplication miraculeuse des pains. Les apôtres, imitateurs de son exemple, unirent à la prédication l’exercice de la charité. Ils ne se contentèrent point d’annoncer l’Évangile; ils instituèrent l’ordre des diacres pour présider à la distribution des offrandes, et saint Paul ordonna des quêtes j)our subvenir aux besoins des pauvres. L’Église catholique s est toujours montrée pleine de compassion: elle a rempli 1 univers de ses monuments destinés à abriter dans leur enceinte toutes les infortunes.

On ne saurait donc, sans entraver son apostolat divin, et sans se rendre coupable d’une entreprise antichrétienne contre ses attributions, lui interdire l’exercice de la charité. Elle tient de son institution même la faculté de fonder des œuvres de bienfaisance, de les administrer et de les perpétuer.

• On ne manquera pas de faire observer que les ecclésiastiques et les séculiers pieux sont loin d’être exclus des comités communaux; qu’au contraire on fait appel à leur concours. Je me plais à constater cette impartialité ; mais tout en faisant droit aux bonnes dispositions des administrateurs actuels, je dois me préoccuper de 1 avenir et juger l’institution même dont ils sont les auteurs. Eh bien, les concessions faites à l’élément leligieux ne me rassurent point; et, sijebasemes appréciations sur le personnel ([ui com])ose les commissions hospitalières et les bureaux de bienfaisance , toute espèce d illusion m est impossible. On admet aujourd’hui dans les comités nouvellement créés des ecclésiastiques, mais qu’en adviendra-t-il à l’avenir ? Dans tous les cas, ils n’auraient dans les réunions qu’une

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