DE L’IMVIIXTIOX DE L’ÉTAT
position sans influence, dont ils pourraient, comme individus, accepter l’obscurité , niais qui ne saurait ni convenir à la dignité du corps dont ils sont membres, ni leur laisser la liberté d’action dont ils ont besoin
pour remplir leur mission charitable selon les prescrip-
lions de l’Evangile.
Le clergé ne renoncera jamais à exercer une action propre. Il réclamera sans cesse la faculté de fonder et d’étendre les œuvres de bienfaisance. 11 parlera, il écrira pour le maintien de son droit; et comme il se l'efusera toujours à demeurer muet sur la doctrine év^angélicjue , de même il ne consentira point à rester impassible devant les souffrances endurées par ses frères. Il prêchera le devoir de l’aumône; il donnera des secours; il fondera des asiles pour l’abandon, la maladie et la vieillesse.
De telles œuvres sont dans les attributions sacerdotales. Les prêtres catholiques en puisent le goût dans leurs méditations. L’étude des livres saints leur en inspire la pensée. Toute la loi se résumant dans l’amour de Dieu et du prochain, ils s’efforcent avec un zèle incessant de réaliser ce double objet de la législation révélée. Ils savent que la doctrine de Jésus-Christ n’est pas seulement spéculative, qu’elle commande d’agir. La foi qui serait inactive serait une foi morte; elle montre sa vie, lorsqu’elle crée des œuvres utiles à l’humanité, et ([Li’elle les perpétue après en avoir signalé la grandeur et prescrit l’établissement.
Pour obtenir du clergé qu’il renonçât à l’initiative des œuvres charitables, et qu’il se soumît à fonctionner comme un rouage passif dans la grande machine gouvernementale, il faudrait aiq)aravant changer l’ensei-
DE LA CONSOMMATION
i^nemenf chrétien, assurer la \ie éternelle au serviteur inutile, arracher de rhistoire de H^^i^lise les feuillets qui nous parlent de saint Jean-Chrysostoine, de saint Vincent de Paul. 3iais, tant que le prêtre verra Jésus- Christ dans les pauvres; qu’il lira dansrÉvangile l’éloge de l’aumône, et le châtiimmt réservé aux cœurs sans compassion , il rangera au nomhre de ses obligations les plus rigoureuses l’exercice d(' la bienfaisance, et il revendiquera la liberté de remj)lir sa mission charitable.
Heureux les gouvernements à qui on ne demande pas d’autres libertés! Les ennemis dont ils ont à redouter les coups ne visitent pas les infirmes, ne soignent lias les pestiférés, ne consument pas leurs jours à soigner l’incurable et l’orphelin. Qu’ils laissent donc à l’Évangile son expansion, qu’ils permettent à l’Église de réparer les suites ruineuses de leurs erreurs et de leurs passions. La charité , qui fait contre-poids à l’égoïsme, préserve en même temps les États de la colère redoutable à laquelle se livreraient les malheureux privés de pain. Elle ne profite pas seulement à ceux <|ui la pratiquent et aux pauvres qu’elle nourrit ; elle est un élément de tranquillité, comme un moven de*
rattacher le pauvre au riche par les liens de la reconnaissance.
SECTION DIXIÈME
DE LA CHARITÉ COLLi;CTIVE.
L’examen auquel je me suis livré sur la nature et les suites de la charité légale a mis en relief deux vérités incontestables : c’est qu’elle est condamnée et