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DE LA CHARITÉ COLLECTIVE

par la science éconoiuMjne et par l’intérêt lhen compris de la morale, de la religion et des pauvres. Son intervention, même dans le cas où rin.sutlisance des dons obtenus par la charité privée la rend nécessaire, doit se borner à accroître les fonds destinés au soulagement des malheureux. Là s’arrête sa mission : il faut (}ue l’État abandonne le soin de distribuer les sommes allouées sur son budget, et qu’il le confie à des personnes indépendantes par leur position et n’agissant point comme ses déléguées.

La charité légale et oiîicielle ainsi répudiée, il ne reste plus (jue la charité privée.

Celle-ci est isolée ou collective. La première, qui agit presque toujours avec mystère, est celle que chacun exerce en son propre nom et avec ses propres deniers; elle est l’acte d’un seul individu ou d’une famille; elle ne tire pas ses aumônes du produit que fournissent les quêtes, les souscriptions, les subventions, mais de sa propre générosité. Au contraire, la charité collective forme les ressources dont elle opère la répartition à l’aide de cotisations volontaires, et elle en concentre le montant entre les mains d’une administration libre, fonctionnant sous son inspiration propre et non sous la direction de l’autorité publique. Les membres qui composent cette association ne sont ni nommés ni approuvés par le gouvernement; ils ii’onî pas de caractère officiel. Ils se recrutent entre eux; ils se réunissent comme bon leur semble, soit poui' recueillir les secours, soit pour en faire la distribution selon les besoins des indigents. On peut donner pour exemple de ces sortes d’associations les conférences de Saint Vincent de Paul, les divers patronages, la ôlaîer-

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nilé, les orphelinats institués par les curés ou par des laïques.

La charité isolée est la plus élémentaire, et elle trouve sa place dans toutes les situations de la vie. Comme, dans son exercice, elle peut se couvrir du manteau de la discrétion chrétienne, elle est la plus propre à ménager la délicatesse des pauvres honteux. Parlbis même elle est la seule qu’il soit possible du mettre en usage : tel serait le cas où il faudrait subvenir à des besoins tellement urgents qu’il serait inhumain de renvover le nécessiteux au membre chargé

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de faire les distributions. La charité isolée est encore indispensable là où la charité collective n’est pas organisée ou bien n’est pas en mesure de mettre les secours au niveau des besoins.

Mais, sauf ces exceptions et d’autres également dignes de considération, on peut dire en thèse générale que la charité collective offre les moyens les plus eliicaces de soulager les indigents, et qu’elle est la moins exposée aux abus dont la morale et la richesse publique ont à souffrir.

On sait aujourd’hui que la puissance est dans l'association des forces. Ce principe, dont l’application enfante des prodiges, et dont personne ne conteste la fécondité quand il s’agit d’institutions gouvernementales, d’opérations industrielles, de découvertes scientifiques, n’offrira pas de moindres résultats dans le système des secours charitables. Voyez quelles sommes on parvient à réunir par les collect(;s des sous recueillis par semaine ou par mois en faveur de la propagation de la foi ou de l’œuvre de la Sainte-Enfance ! Eh bien ! supprimez ces cotisations, abandonnez les missions aux

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