SCÈNE IV
l.ES xiÊviEs, NlNE’n’E.
NtNETTE. Mon oncle , votre café sera bientôt prêt.
ROSTOLIN. Eh bien, aimable Muette, quand me laisserez-vous vérifier les bosses de cette jolie tète?
MNETTF, Bien obligé, monsieur; nous I anties marchandes , nous n’avons pas de t)os.ses à la tète... nos moyens ne nous le I permettent pas.
: ROSTOLIN. Mais...
FRICHET, rudcnirni. Mais nos moyens ne nous le permettent pas.
ROSTOLIN. Manant!
dtt far/ddeU.
JVubUai4 PII lieux
Mes malatlefA nomSreinr ;
De rua srienre. au loin.
I <Ibaruii ri'eux nWarne le <toin.
I A WneUf.
j J.y rertendrai, NineUe; j'appréJiende I Que ce teint frai«... re brillant roloria...
rEicutT.
On répuniirA <-<• voir pour la ronimande ROaTOt IR.
I II a déjà la l*o«‘ie- . «les maria. *
KNSKMltLK.
I aOlZAR», rnOCUET, RINETTI.. MliURA.
Oh! c|u« loin’ de rea lieux,
I T>ea mala iea nombreux
llèclanu'iit tou« aes aniii»; lia nous en délivrent du rimina.
BOSTuUX.
J’oubltaia en res lient, etr.
SCKM-: V.
llOI/..\llD, Elu ( III I’. M"- HOrZAlU), M.NEn’E.
FiiL'ciiET. Oh ! ji' ii’y tenais plus!., quel
Digiiizea oy CjQOgle
L'ËCRiN.
être!... un médecin qui veut toujours tâter i le pouls... â la taille.
MMETTiù. Oui , si on le laissait faire
Viras le croyez donc dangereux î BuizARD. Comme médecin, je ne dis pas. . .
nuis autrement...
rnucHET. C'est égal... tous ces dandys qui Tienneut faire les beaux bras autour de .M''* Mneite , ça me met dans une rage...
mais je me vengerai... oh! il y en a un surtout , je me méfie de lui , parce que, dans le fait, il est très-bien ; c'est-à-dire M"* Ninelle le trouve comme ça , moi pas.
MXETTE. Qui donc?
FRLCHET. Oui , inain'selle, il n'y a pas de jour où il ne passe des trois , des quatre fois devant le magasin , en épiant à travers le vitrage.
M“" BOIZARD. Je n'ai pas remarqué. j
ERl'CHET. Voilà pourtant environ trois se- |
inaines que ça dure!... tenez, juste depuis j qu'il s'est rencontré ici avec M"” de Coursol ' la bonne , je veux dire la jeune. |
ROIZARD. M™ Kveline. j
ERliCHET. (Vuelle horreur ! un duc !
ROIZARD. IJn duc ! \
NI>ETTK. Alt ! je devine. ,
FROCHET. On'on me demande jamais sur i
lui des informations , je le donne pour le plus grand séducteur...
M>ETTE. Y pensez-vous? risquer de faire manquer |>eiit - être un beau mariage à un jeune honiuie si honnête, ce bon Al. .Armand.
ROIZARD. Armand? ce n'est pas M. le duc de Bois d'KImay?
NiNETTE. Si fait, mon oncle.
M”” ROIZARD. Vous le connaissez?
ROIZARD. si je le connais !... c'est-à-dire j oui. je l’ai aperçu dans ses visites chez M'"de ' Coursol.
FRCCHET. I.a méchante!
ROIZARD. Kl tout ce qnej'aivti, apprisde lui .. oh! l'esprit le plus droit... le coeur le |
plus généreux la loyauté, l'honneur
inême!... l'ex|)oser à ces soupçons vagues !
qui ne s'ellacent plus entraver peut-être
son avenir... oh! mais ce serait affreux, ce serait un crime!
FRUCHET. Oh! alors, je vous jure que jamais...
ROIZARD. Bien , très-bien ! je le crois.
rni'CtlET. Mats c'est bien à cause de vous, par exemple !'
ROIZARD. Ah ça , j'y songe ; ta colère routre ceux auxquels tu supposes des attentions pour Ninette... Est-ce que lu l'aimerais , |»r hasard?
FRECHF.T. Moi !
M""' ROIZARD. Hein ?
MINE ri’E. Ah ! mon oncle ! il ne me l'a yaiiiais dit.
FRUCHET. Bien sdr que non... Monsieur Boizard, je ne sais pas ce qui a pu vous donner l'idée... ô Dieu!... aimer mam 'selle... moi qui n'ai rieul... et elle qui est riche!.'..
ROIZARD. Biche, grâce à ton zèle, à ton travail : après la mort de mon pauvre frère , c'est lui qui as soulenu la maison.
M*" ROIZARD. Quant à ça , c'est vrai.
NINETTE. oh ! oui , c’esi vrai.
ROIZARD. Tu trouves aussi . toi ?
FRUCHET. Depuis huit ans je travaille pour elle; je donnerais ma vie pour la rendre heureuse :je mourrais si je lui voyais un chagrin; mais |)our l'aimer , non , non : je suis incapable de ça !.. .
ROIZARD. Enfin, tu ne l'aimes pas... c'est bien... c’est très-bien... c’est d'un brave et honnête garçon.
FRUCHET. Pas vrai?... aussi je m'efforce. .
j'y ai du mal , par exemple.
NINETTE. Ce pauvre Fruchet!... (Bruit d'une toiture. ) Ah! une voilure I... Eh mais... c'est celle de M"” Ëveline.
FRUCHET. Et l'écrin de sa tante n’est pas revenu de l'atelier... J'y cours...
BOIZARD. Va... dépêche-toi.