‹ L'Éctopie Rénale CroiséeChapitre 8 sur 29 · ETUDE ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE ANATOMIQUE

Au point de vue anatomique le point le plus remarquable est l’individualité de chacun des deux reins vis-à-vis de l’autre rein.

En effet si macroscopiquement la démarcation est parfois difficile à établir, il n’en est pas moins vrai qu'une étude microscopique permet de noter qu’au niveau du pont d'union des deux reins le parenchyme reste organisé suivant les systèmes pyramidaux des deux reins, la disposition des lobes n'étant commandée que par lorientation des calices.

On peut donc en inférer que, même dans les cas où il semble que l’on se trouve en face d’une seule masse rénale, il n’y a en fait qu’une contiguité très intime entre les deux systèmes excréteurs, mais non

pas une continuité.

Volume et poids.

Le volume de la masse rénale est variable suivant l’atrophie plus ou moins marquée du rein ectopié. La longueur totale de la masse est habituellement comprise entre la somme des longueurs de deux reins normaux et la longueur d’un rein normal. Elle varie donc entre 12 et 24 centimètres. La largeur est celle

d'un rein normal, soit 7 centimètres environ. L’épais-

Ste

seur, lorsqu'elle a été mesurée s’est trouvée voisine de 3 centimètres. Le poids de la masse cscille autour du poids de deux reins normaux, On le trouve dans la moitié des cas supérieur à 270 grammes et

dans l’autre inférieur à cette quantité.

Rapports.

Les rapports osseux sont intéressants à étudier car ils permettent de fixer le degré de ptose de la masse rénale qui est rarement en position normale.

Le pôle supérieur se trouve parfois en position normale au niveau de la onzième vertèbre dorsale. Mais plus fréquemment il se trouve au niveau de la première ou de la deuxième lombaire. ,

Le pôle inférieur, lui, est toujours abaissé, et il est le plus souvent au niveau de la cinquième lombaire, quelquefois au niveau de la crête iliaque et même

parfois daris le petit bassin.

Arteres.

L'étude des artères dans les anomalies rénales est très intéressante en raison des théories qui ont lié les dispositions artérielles aux dystopies rénales.

Le nombre des vaisseaux irriguant un rein ectopié quelconque est habituellement augmenté; il en est de même pour le rein ectopique croisé. Mais, alors que la masse rénale supérieure correspondant au rein en position normale n’est habituellement irri-

guée que par une seule artère, la masse rénale infé-

rieure forme contraste par le nombre des artères qui se rendent vers elle.

Ce nombre varie de une à six artères; les cas les plus fréquents étant ceux où l’on trouve deux ou trois artères pour ce rein ectopique.

La zone d'union des deux reins ne reçoit aucune artère spéciale,

Le mode d’origine des artères est également très divers suivant les cas. La majeure partie de ces artères anormales provient de la portion inférieure de laorte abdominale et les cas, où aucune artère rénale ectopiée ne vient de l’aorte, mais où elles naissent des artères iliaques, sont rares. À part l'aorte, l'iliaque primitive et l’iliaque externe peuvent également fournir des branches d'irrigation à cette masse rénale ectopique.

La direction de ces artères dépend essentiellement de leur point d’origine. À peu près horizontales lorsqu'elles naissent de laorte elles peuvent prendre une direction oblique de bas en haut et de dedans en dehors lorsque leur naissance s'effectue au niveau soit de l’iliaque primitive, soit de liliaque externe.

Une disposition particulièrement intéressante est réalisée lorsque les artères parallèles au nombre de trois ou plus se rendent au rein en formant une image en forme d'échelle rappelant l'irrigation du rein chez les animaux inférieurs et celle du corps de Wolff chez l'embryon humain.

Enfin il existe des cas où l’on assiste véritable-

ES ee

ment à un croisement des artères irriguant le rein ectopique,

- Soit que celles-ci naissent sur la face droite de l’aorte, par exemple, et décrivent une courbe à convexité droite pour se rendre au rein ectopique qui se trouve en position gauche, croisant ainsi l’aorte en avant.

— Soit qu’elles proviennent d’une iliaque située

du côté opposé au rein ectopique.

Veines.

La disposition des veines est habituellement parallèle à celle des artères homologues et leur trajet les conduit le plus fréquemment à aboutir soit dans la veine cave inférieure, soit dans une des veines iliaques primitives. Mais il existe des dispositions irrégulières où lon voit par exemple une veine

utéro-ovarienne recevoir une des veines rénales.

Uretère et bassinet.

Par contre, l’étude des uretères est beaucoup plus instructive. En effet, la masse rénale possède toujours deux uretères quelle que soit son apparence d'unicité, et ces deux uretères présentent toujours des abouchements normaux dans la vessie de chaque côté du triangle de Lieutaud.

C’est l’uretère du rein supérieur qui suit un trajet proche de la normale et aboutit à la vessie du même côté que la masse rénale, alors que l’uretère prove-

nant du rein inférieur prend une direction très

Ur

oblique, croise la ligne médiane au niveau du promontoire et va aboutir dans la vessie de l’autre côté du trigône.

Les deux bassinets sont habituellement complètement distincts l’un de l’autre. Ils sont constitués de deux ou plusieurs calices. On a cependant signalé de rares cas où les bassinets communiquaient par deux calices abouchés l’un à l’autre à plein canal. Mais ces cas ne semblent pas probants; peut-être s’agissait-il d’une perforation d’un calice malade dans le calice contigù de la masse rénale opposée. Ces communications entre bassinets entraîneraient d'ailleurs immanquablement, d’une part la dissémination immédiate d’une infection d’un rein à l’autre, et d'autre part rendraient tout examen d’urines recueillies par cathétérisme uretéral illusoire. Or, comme nous le verrons par la suite, il est de règle lorsqu'un des deux reins est atteint d’une affection quelconque, que cette affection lui soit propre et

laisse l’autre rein totalement indemne.

Capsules surrénales.

Pour conclure cette étude anatomique, il est un point sur lequel il y a lieu d’attirer l’attention car il illustre, bien l'indépendance des surrénales et des reins. Dans tous les cas où la recherche des surrénales a été faite lors d’autopsies de sujets présentant une ectopie rénale croisée, on a retrouvé les surré-

nales en position normale.

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