‹ L'écueil démocratique [microforme]Chapitre 16 sur 20 · Som. théol. I-II, Q. CV, art. 3 ad · texte numérisé non relu

Som. théol. I-II, Q. CV, art. 3 ad

3. — Nous n’en disons pas davantage, pour le moment, sur le vote des femmes que tous les pays où domine la race anglo-saxonne, sont en voie d'établir. Nous prenons occasion d’une étude sur le ‘‘féminisme’”, qui paraît dans le ‘Canada français”, pour traiter plus au long cette question.

4, — Cf. Castelein, Droit naturel, thèse 21e (Bruxelles, 1904).

5. — Acta rt decreta Conc. plen. Queb. pr. Lettre pastorale, p. 510.

6.— Toute participation aux affaires publiques doit se régler d'après Es mot de saint Thomas: secundum virtutem (Som. théol. I-II, Q. CV. art.

n'imitez jamais ceux qui mettent à prix l'exercice de leur droit. Vendre son vote, c'est vendre sa conscience et déshonorer le beau titre du citoyen. Un trafic aussi honteux répugne tout à la fois à la saine morale et au sens chrétien.” (7)

Les journaux catholiques, et catholiques avant tout, ont, dans ce domaine, une mission très noble à remplir. Indépendants des soucis et des intérêts politiques qui faussent tant d'idées et font fléchir tant de plumes, ils se trouvent, de ce fait, hautement qualifiés pour avertir, éclairer, diriger l'opinion publique, et pour combattre et contrecarrer l’action des maitres chanteurs et des maîtres exploiteurs qui, en temps électoral, s’abattent sur le vote populaire comme sur une proie. Ils ont eux-mêmes de terribles assauts à subir. Leur attitude, si elle reste ferme ct droite, n’en est que plus salutaire et plus digne d'éloges.

L'une des idées contre lesquelles il faut davantage réagir, c’est celle qui tend à faire du suffrage politique un instrument d’oppression de la minorité, race ou croyance, par la majorité. L'histoire contemporaine est grosse de faits où éclate ce danger. Corrompue, égarée et asservie, la démocratie mène à un césarisme d'autant plus aveugle, et d'autant plus redoutable, qu'il est impersonnel, et qu'il prétend s'appuyer sur le peuple luimême.

Or, le nombre peut être la force, mais il n’est pas le droit. “C'est ici, dit Mgr d’Hulst, que le droit naturel, méconnu par les modernes docteurs, vient au secours de la liberté opprimée.” (8) Le vote de l'électeur, le vote du législateur, sont soumis à une loi morale, à des préceptes et à des directions qu’il n’est permis ni de violer ni d'ignorer. Le despotisme du sabre n’est pas plus abusif que celui des parlements sans principes et sans honneur. C'est ce mépris des lois de la conscience que Pie IX décrivait et stigmatisait un jour en ces termes: (9) “On se moque de l'artorité et du droit avec une telle impudence que l'on ose dire que l'autorité n'est rien, si ce n'e:t la somme du nombre et des forces matérielles; que le droit consiste dans le fait, que les devoirs des hommes sont un vain mot, et que

7.— Cf. Freppel, Les devoirs des chrétiens, dans l'exercice du droit de suffrage (Quest. act. t. I-V); R. P. Lamarche, Le devoir électoral (St- Hyacinthe, 1916).

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