Conf. de Notre-Dame (1895), pp
9.— Alloc. Maxima quidem, 9 juin 1862; — cf. Syll. prop. 50-60.
tous les faits humains ont force de droit. Ajoutant les mensonbes aux mensonges, les délires aux délires, foulant aux pieds toute autorité légitime, tout droit légitime, toute obligation, tout devoir, on ne craint pas de substituer à la place du droit véritable le droit menteur de la force, et de subordonner l’ordre moral à l'ordre matériel."
Cet abus de la force, et, en l'espèce, de la force numérique du suffrage, constitue l’un des vices les plus communs et l’une des déviations les plus funestes du système démocratique. Il s’est produit maintes fois sous nos yeux. Nous en souffrons. Nous en gémissons. Nous ne devons cesser de le dénoncer à l'opinion honnête, de réprouver ce qu’un auteur anglo-canadien récent considère comme futile, injuste, et copié des méthodes prussiennes elles-mêmes. (10) Nous devons travailler à réformer les esprits et les consciences, pour atteindre, par là, à la réforme de la notion et de l’exercice du suffrage.
Cette réforme vaudra mieux que des mesures extrêmes comme celle qui est suggérée par les promoteurs de la législation directe, et qui, loin de guérir le mal, pourrait avoir pour effet de l’aggraver.