‹ L'écueil démocratique [microforme]Chapitre 19 sur 20 · Vacant-Mangenot, Dict.-cit., au mot Démocratie, p · texte numérisé non relu

Vacant-Mangenot, Dict.-cit., au mot Démocratie, p

3.— Cf. Droit public de l'Eglise. Principes généraux (2e éd.) pp. 3860-51.

guées, n'ont pas besoin, pour obliger, de l’assentiment de ceux pour qui elles sont faites. La thèse opposée est fausse, contraire à l’histoire des peuples les plus sagement gouvernés, contraire aux enseignements de la raison philosophique. La philosophie démontre que la loi est une règle imposée aux activités sociales en vue du bien commun; et que, si ces activités ne pouvaient être régies même contre leur gré, c’en serait fait, le plus souvent, du bien commun, de l'ordre, et de la société. (4) La philosophie enseigne, quelles que soient les divergences d’opinion sur le mode de naissance de la souveraineté, que le peuple n’est pas le sujet de l’autorité publique, et qu’il ne peut donc réclamer, comme par un droit inné, l'exercice d'aucune des prérogatives du pouvoir, parmi lesquelles se place au premier plan la sanction des lois.

Est-il du moins opportun que l'Etat réserve au peuple, par une modification du régime constitutif des pouvoirs publics, le droit de s'opposer ou d’acquiescer à chacun des actes émanés des législatures, et qu’il établisse ainsi, d’une façon systématique et constitutionnelle, la législation directe? Nous ne le croyons pas.

Il y a, dans ce système, le danger grave de fausser l’opinion du peuple sur sa propre valeur et sur la nature de son rôle social. C'est déja beaucoup que le populaire soit appelé, tous les quatre ou cinq ans, à désigner par son vote les citoyens qu’il estime les mieux qualifiés pour gérer la chose publique. Ne lui demandons pas davantage. La connaissance des lois est plus abstraite que celle des hommes. Tel électeur jaugera très bien un candidat de son comté, qui appréciera très mal un décret du ministère ou un texte légal élaboré par les Chambres. L'homme du peuple, en général, peut donner un avis très sensé sur des questions d'intérêt local. Dès que le problème s'élève et que l’horizon s'élargit, et quand la question vers laquelle se porte le débat, vise et embrasse les intérêts de tout un pays, l'esprit simpliste, borné par son clocher, se montre impuissant à saisir dans toute son ampleur un sujet d’une telle envergure.

Nous ne parlons pas des troubles, des divisions, des agitations, des manoeuvres corruptrices qu’occasionnent si souvent nos consultations populaires, et que le système de la législation

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