SCENE V
GUAREZ.
Ah ! — Guillaume d'Oranoe intrigue avec succès : Des princes allenians , les huguenots français, Et les Anglais, je crois, favorisent sa cause. A nous faire la guerre , on dit qu'il se dispose.
LE DUC
11 ne peut être prêt avant six mois. — Et puis ?
GUAREZ.
Madame écrit au roi qu'elle se meurt d'ennuis, Et demande instamment qu'il daigne lui peimetfre De partir. — Machiavel est chargé de remettre La missive.
LE DUC
Bien ! Bien ! — Le sire Machiavel Est bon ambassadeur : — elle aura son rappel.
— Et puis ?
GUAREZ.
Une lettre — oui — d'écriture inconnue A monsieur de Lalaing hier est parvenue. Pour se rendre à votre ordre, il était en chemin ; Mais la lettre changea brusquement son dessein.
— G^est tout.
LE DUC
C'est un malheur. — Il l'échappe bien belle !
— Pourtant , mon bon Guarez , merci de la nouvelle.
— Allez; comptez sur moi . — Mes bontés, ma faveur....
ir.O LE CONSEIL.
GUAREZ, s'inclinant.
Seigneur duc.
Vos bontés!
A part.
J'aurai soin de m'en garder, seigneur.
Il s'incline de nouveau et sort.
LE DUC
Instrument que Philippe me donne Non pas pour m'en servir , mais pour qu'il m'espionne ! — Oh ! si je puis, un jour.... d'un bon coup de {X)ignard^ Te payer, mon Guarez ! — J'y songerai plus tard.