SCENE VII
SGSUB TZZ.
D'EGMONT , DE HOÏIN.
EGMONT
Eh bien , mon cher de Horii , \ otre ame inquiète Est-elle rassurée enfin ?
HORN
Je vous répète , D^Egniont , que le ducd'Albe et sa feinte douceur, Ce masque de bonté qui couvre la noirceur De son atne de tigre , à mon sens, ne sont guère
I aits pour tranquilliser.
EGMONT
Allons ! je désespère JMoi , de vous convertir. — C'est étrange, pourtant. Car monseigneur le duc nous donne à chaque instant De sa franche amitié , d'éclatans témoignages. Pour tout ce f[u'il veut faire , il attend nos suffrages.
II nous prie à diner , à peu près tous les jours
HORN
Mais pourquoi donc alors refusa-t-il toujours
Lui , de se rendre à ceux auxquels nous le priâmes , Si ce n'est qu'ourdissant de ténébreuses trames , Chez les autres il craint ce qu'il se sent en lui ?
EGMOÎNT.
Mais, cher comte, vraiment, vous êtes aujourd'hui D'une incrédulité !... Tenez , l'autre semaine , .le lis présent au duc, sachant qu'il se promène Volontiers à cheval , de deux genêts fort beaux : Comment se délier de qui prend vos cadeaux ?
IIORN.
Vous souvient-il un peu du landgrave de Hesse ?
En guerre avec l'Espagne, il vint, — sur la jiromesse
Oui , du duc , qu'il serait en toute sûreté , —
Dans le camp espagnol , pour conclure un traité.
Or, le soir de ce jour, et la paix étant faite ,
Ee duc pria son hôte à souper. Quand la fête
Fut terminée enfin , — au lieu de renvoyer
Le landgrave , le duc le retint prisonnier.
EGMONT
IMais à propos de quoi , mon cher, votre mémoire S'en va-t-elle exhumer une aussi vieille histoire ?
HORN
L'homme qui fit cela , peut bien recommencer.
EGMONT
Que votre esprit est prompt à se laisser glacer