LE DUC D'ALBE, D'EGMONT
LE DUC , prenant amicalement le bras de d'Egmont.
Eh bien, vous devez voir, cher comte, avec plaisir, Qu'enfin tout va marcher selon notre désir. Nous allons rendre au peuple , après ces temps d'alarmes, Des jours plus fortunés. — Plus de maux , plus de larmes ! Que ne devra Philippe à votre noble appui.
EGMONT
Tous les efforts que j'ai tentés jusqu'aujourd'hui
IS'ont point eu d'autre but. — Si, comme je le pense,
Ils ont fait quelque bien , la seule récompense
Qui puisse me flatter, que je veuille pour moi,
Est votre amitié, duc, et l'estime du roi.
— Mais veuillez me montrer la missive royale.
Je suis impatient....
LE DUC, rinlerrompanl.
Ah! quelle anie loyale Brille en vous,cherd'Kgmont. — Eh bien,le croiriez- vous, De lâches courtisans , des imposteurs — jaloux
1f)8 LE CONSEIL.
De votre renommée et de votre génie Ont sur votre beau nom versé la calomnie ! Au prince , ils ont osé vous présenter ainsi Qu'un hérétique, un traître , un rebelle endurci; Mais moi qui connaissais votre haut caractère , J'ai su, devant le roi, d'un mot les faire taire.
EGMONT
Que je vous remercie ! — Et la lettre du roi ?...
LE DUC
Oui , tant que je vivrai , cher comte , croyez-moi , Personne n'essaîra de ternir votre gloire , Impunément du moins.
EGMONT
Je suis lieureux de croire A vos paroles. — Mais la lettre...
LE DUC
Elle est ici , De ce côté. — Venez.
Le duc conduit d'Eymont vers la porte de jjaiichc , el en soulève la tapisserie. Des officiers espo{;nols et plusieurs soldats armés entrent dans la salie^ d'A\ila à leur tète.
EGMONT, surpris.
Que veut dire ceci ?