SCENE VII
Spectre affreux et sinistre et de sang tout souillé, D'un peu de pourpre enfin par vos mains habillé ; Quand je songe qu'à tout dévoùment qui s'attache A servir sa puissance, il répond par la hache; Quand je songe à son peuple égorgé sans remords j A son trône étajé d'un monceau de corps morts; A son fils que frappa sa hideuse démence, — Alors , je sens en moi naître une haine immense Pour ce roi qui toujours au Seigneur s'adressant , A le regard au ciel et les pieds dans le sang ! Oh! oui, je le maudis ! Et puisse dans son ame. Pénétrer jusqu'au fond, comme une ardente lame Qui brûle, qui torture, et tue en torturant, La malédiction que lui jette un mourant !
On entend un bruit de verrous et de serrures qu'on ouvre. D'Egmont et de Horn demeurent immobiles, les yeux fixés sur la porte.
DT.GMONT, DE HORN, L'ÉVÊQUE RTTHOFF, J. ROMEHO Ei> DEUIL. SOLDATS ESPAGNOLS.
ROMERO. (l'une voix tremblante.
Seigneur comte d'Egmont... ma mission cruelle...
EGMONT
Ah ! le bourreau m'attend.
L'ÉVÊQUE, lui montrant le crucifix qu'il tient.
Mon fils, Dieu vous appelle.
EGMONT
Je suis prêt, monseigneur. — Ah! pourtant, laissez-moi...
11 va à la table, et y prend les deux lettres qu'il présente à l'évt'quc.
L'une est pour mes enfans, et Taulre pour le roi. C'est mon dernier adieu. — Donnez-les leur, mon père.
L'ÉVÊQUE, prenant les lellres.
Je le ferai.
Un soldat espaj^uol . teuaul luie corde, s'npprcclie du comte dT.gnuuil pour lui lier les uiains.