CES
La liste des corps sensibilisant ainsi un organisme à l’action dés rayons lumineux est longue. Il est par ailleurs impossible de donner de ces substances une définition chimique satisfaisante. Le plus qu’on en puisse dire est qu’elles sont le plus ordinairement colorées et fluorescentes ; sans que ni l’une ni l’autre de ces propriétés soit absolument nécessaire à leur action.
L'éosine, le rose bengale, le rouge de Magdala, le jaune d’acridine, les porphyrines animales et végétales peuvent être cités comme exemple de produits photodynamiques.
Ces colorants ou ces pigments sont à la base du mécanisme pathogénique d’un certain nombre d’actinodermatoses, dont la liste
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sera dressée ultérieurement, pour montrer la place qu'y occupe l’eczéma solaire.
Les faits de photosensibilisation sont assez souvent rencontrés en clinique humaine et gagneraient à être mieux connus. Un des plus nets est le coup de soleil acridinique, qui s’observe chez les malades atteints de blennorragie, s’exposant à une lumière riche en rayons chimiques, au cours d’un traitement par le chlorométhylate de di-amino acridine (gonacrine).
En ce qui concerne l’eczéma solaire, l’intervention d’un Iluminosensibilisateur est certaine. Seule, sa nature chimique varie d’un cas à l’autre. (Cette question sera étudiée avec les inconnues du problème.)
La présence obligatoire, dans l’organisme d’un sujet atteint d’actinoanaphylactose, d’une substance photodynamique, est démontrée expérimentalement. La réunion des trois facteurs : sujet sensible, antigène, lumière est impuissante à reproduire l’eczéma solaire, mais il suffit d'ajouter aux éléments en présence un photocatalyseur pour le susciter.
Mühlmann et Akobjan ont Pû récemment, dans un cas de. prurigo solaire prouver l’existence de ce photocatalyseur par la transmission passive à l’animal. Le sérum de la malade fut injecté à des rats blancs que l’on soumit ensuite à l’action des rayons ultraviolets. Ces rats présentèrent pendant et après l’irradiation le tableau classique de l'effet photodynamique, les phénomènes nécrotiques aboutirent même chez l’un d’eux à lamputation spontanée d’un membre. Il faut noter que la malade qui fournit le sérum n’était pas hématoporphyrinurique. Or, l’hématoporphyrine, et les corps qui en sont voisins, jouent un rôle primordial dans la genèse de certaines dermatoses de lumière telles que l’hydroa vacciniforme de Bazin, et elle semble parfois en cause dans les actino-anaphylactoses. C’est le seul photocatalyseur biologique dont on ait pu prouver expérimentalement la présence dans les actinodermatoses spontanées.
Pour conclure, nous dirons simplement qu’ainsi considéré l’eczéma solaire mérite bien le nom d’actino-anaphylactose. Ce néologisme doit éveiller simplement dans l'esprit l’idée de sensibilisation. On ne saurait prétendre faire rentrer l’eczéma solaire dans le cadre précis et rigoureux d’une anaphylaxie étroitement définie, telle que la conçoit à l’heure actuelle Pasteur Vallery-Radot.