‹ L'Éczéma SolaireChapitre 12 sur 27 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les données de l’expérimentation

L’expérimentation que nous relatons ici a été réalisée par notre maître le professeur agrégé Jausion qui en a fait l’objet de deux communications, l’une au Congrès international de Dermatologie et de SyphiHigraphie de Copenhague (1930), l’autre au Congrès international de Physiothérapie de Liége (1931).

On utilise tout d’abord, chez un sujet spontanément et antérieurement sensibilisé, l’antigène auquel il avait préalablement répondu, et, après vérification de la tolérance momentanée du patient, on tente de réveiller chez lui l’intolérance, par irradiation

d’abord, puis à plus longue échéance par rappel antigénique et

nouvelle irradiation. Pour être bien sûr de ne mettre en jeu qu’antigène et lumière, à l’exclusion de tout photodynamisme, on contrôle, lors de chaque temps opératoire, la constance des réponses du test sensitométrique.

I. — Mar... Joseph, 26 ans, hospitalisé le 5 novembre 1929 pour dermite de cause externe produite par du pétrole au niveau de la face antérieure de la cuisse droite, subit un premier test sensitométrique le 24 novembre. (SE' = 2 — SE° = 5 SE° = 10).

Il est énergiquement frictionné le 25 avec de l’huile lampante de pétrole sans qu’il en résulte la moindre réaction cutanée. L’application n’a intéressé que la moitié gauche de la face postérieure du thorax.

Le 27 novembre deux cuti-réactions sont pratiquées, sur la face antérieure des deux avant-bras, avec le même pétrole utilisé pour la friction. Il est en outre fait une cuti-témoin à l’eau distillée. Le test sensitométrique simultanément enregistré donne lieu aux mêmes constatations que précédemment.

Le 28 novembre le malade est irradié pendant dix minutes par la lampe de Duflot Dufestel, placée à cinq centimètres de la peau. sur neuf champs, dont quatre pris dans la région frictionnée de pétrole, quatre autres sur l’hémithorax opposé et un sur la cutiréaction de l’avant-bras droit. A ce moment les deux cuti-réactions.

RDS

droite et gauche, sont également positives et pendant les trois jours suivants elles le demeurent sans qu'il soit possible d'observer la moindre préséance. Le foyer thoracique frictionné de pétrole et irradié n’est le siège d’aucune éruption et les champs irradiés, droit et gauche, font preuve d’une même actinite légère sans prédominance élective.

Le 2 décembre, soit neuf jours après le début de l'expérience, la cuti-réaction de gauche est elle-même irradiée pendant le même temps.

Le 3 décembre on fait aux membres inférieurs une friction énergique au pétrole. On injecte en outre par voie veineuse quelques gouttes du même antigène émulsionné dans cinq centimètres cubes d’eau glycérinée. On irradie aussitôt après la face postérieure de l’hémithorax gauche et un test sensitométrique est pris, dont la réponse sera identique à toutes les autres.

Nulle modification cutanée dans le sens d’une eczématose n’est enregistrée les jours suivants. Il est à remarquer que la fluorescence d’ailleurs légère, du pétrole employé n’a pas eu d'effet photodynamique.

II. — Drou.…, 21 ans, hospitalisé le 31 septembre 1929 pour plaie de la face dorsale du nez, a constaté incidemment de la phtiriase pubienne et s’est frictionné trop énergiquement à l’onguent gris au point d’en avoir une dermite mercurielle étendue. Le même dispositif d'expérience qui vient d’être décrit est adopté pour lui, et les divers temps s’échelonnent du 22 novembre au 2 décembre. Les frictions antigéniques sont faites à la pommade mercurielle. Des intradermiques à la solution injectable de biiodure de mercure remplacent les cuti-réactions au pétrole, et sont comme elles positives, qu’il y ait irradiation ou pas.

Les temps d'exposition au brûleur LDG de Dufot sont respectivement de trois, cinq, huit et dix minutes pour chacun des hémitorax. Sur l’intradermo-réaction, c’est pendant trois minutes seulement que l’on fait agir les rayons.

Le test sensitométrique, invariable d’un bout à l’autre de l'expérience, donne SE’ — 5,,SE° = 7,SE° — 8. Il est impossible d’obtenir une réponse cutanée comparable à un eczéma solaire, même après avoir fait un rappel d’antigène. |

On intervient alors chez le même malade, après une semaine, avec la solution injectable à 1 % de mercure-chrome 220 de Young, qui est administrée par voie veineuse une demi-heure avant l’irradiation du secteur frictionné et deux fois exposé. Le mercurechrome, franchement fluorescent, de par son radical tétrabromofluoresceique, apporte un élément photodynamique. Mais son action

MAO: Dee

est pourtant insuffisante puisque l’on doit derechef enregistrer la négativité des essais.

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