‹ L'Éczéma SolaireChapitre 19 sur 27 · A CE LE · texte numérisé non relu

A CE LE

Le

chez un diabétique jusque-là méconnu, et, de plus, syphilitique et aortique ignoré.

Prurigo régi par la lumière.

à Observation 12. -— Dup.…., jeune soldat, clerc de notaire avant son incorporation, rentre le 24 février dernier dans notre service à l’Hôpital Villemin. Il est atteint d’une éruption très fortement prurigineuse de la face et du cou, empiétant légèrement sur le thorax.

Pas d’autres antécédents pathologiques que l’histoire de la maladie

actuelle; mais cette histoire commence à l’âge de 13 ans environ. Ré-.

gulièrement, depuis ce temps, et en général au début de chaque printemps, le malade présente une éruption analogue. à celle que nous lui voyons actuellement.

Chaque atteinte débute par la région des tempes et affecte ensuite la face en sa totalité. Parfois, mais non toujours, le haut du thorax est intéressé.

La dernière poussée en date remonte à février-mars 1930.

L’interrogatoire ne peut révéler aucune cause provocatrice spécifique; ni médicament, ni aliment ne paraissent devoir être incriminés. L'exposition au soleil froid, cause seconde probable, n’est toutefois l’objet d'aucun souvenir précis de la part du malade. ,

À l’examen, nous constatons un pityriasis abondant du cuir che-

velu, avec quelques croutelles d’impétigo de la corona seborrhoïca. Nous *

en isolons une souche de streptocoque, dont nous n’avons pas encore vérifié la virulence.

Régulièrement disséminées sur la face et le cou, avec un arrêt net au-dessus de la cravate militaire, se voient de très nombreuses papules de prurigo, de faibles dimensions, mais nettement saillantes

et dures, entourées d’un halo congestif et sans la moindre vésiculation

centrale. Cette éruption est très fortement prurigineuse.

Il existe quelques éléments comparables sur le haut du thorax. mais très peu nombreux et très dispersés. Ils siègent électivement sur les régions seborrhéiques, où ils se disséminent, tant en avant qu’en arrière, autour de deux ou trois médaillons d’eczéma figuré.

Entre ces deux champs éruptifs, facial et thoracique, très inégaux dis se voit une zone franche qui correspond à la base du œou.

Le reste du tégument est net.

L'examen somatique ne fournit aucun renseignement. Les mains sont le siège d’une acrocyanose marquée. Le Bordet-Wassermann sanguin. est négatif. Une intradermo-réaction à la lysat-toxine streptococcique est fortement positive, le 23 février; un test comparable au staphylolysat est au contraire négatif. HAINE

Le phénomène de Praustniz-Küstner, observé chez un sujet à in-

tradermo-réaction toxistreptococcique négative est strictement négatif

au lieu que chez deux malades, impetigineux récents, à « streptino » réaction fortement positive, il est, comme précédemment, nettement inversé (25 et 26, 27 et 28 février 1931).

Une irradiation ultra-violette de 20 minutes à la lampe Osa-Vita-

LE Dee

Lux, dont le spectre d'émission se rapproche du spectre solaire, est pratiquée, le 4 mars, sur l’émplacement de l’intradermo-inoculation streptococcique ancienne. I s'ensuit une réaction focale légère et apres 4 jours un placard de pityriasis limité au foyer primitif de lintradermique.

De plus, une injection intrafessière de 3 centimètres cubes de clasine streptococcique, faite par inadvertance quelques minutes après la fin de l'exposition aux rayons, déchaîne une poussée : thermique (38°4) avec frisson et petit état syncopal. Les doses ultérieures, dont la dernière de 5 centimètres cubes, sont par contre admirablement tolérées et leur injection ne s'accompagne d'aucune réaction.

L'examen du sang montre une formule leucocytaire de :

\ Polynucléaires neutrophiles ...................: 78 Polynucléaires éosinophiles .............:...... 1 MOTNONUCIé AE eS a MP RTENNNENE re QRERNSR 9 Evmphocÿies 4 FAN LES ARR EE ee 20 SLR

Le temps de saignement est de 3 minutes 1/2.

Le temps de coagulation est de 15 minutes.

Le caillot n’est pas rétracté après 48 heures, et ce fait qui appellerait des recherches complémentaires (numération des plaquettes, recherche de l’hématoporphyrinurie) ne nous paraît pas sans valeur chez un acrocyanotique sensible aux rayons lumineux. :

Cinq injections de 1 à 5 centimètres cubes de clasine streptococcique ont déterminé, d'emblée, la sédation du prurit, et, actuellement l'effacement presque complet des lésions. F

Eczéma streptococcique sur foyer de thermite ancienne. X

Observation 13. — Le 18 février 1931, Berth…, garde républicain, âgé de 43 ans, vient nous consulter pour une éruption affectant la peau découverte de la face et du cou.

En tout autre saison nous penserions à un eczéma de lumière. Nous apprenons que les premières lésions en date sont apparues, il y a un mois, au front, en lisière du cuir chevelu, sous la forme d’un impétiga de Tilbury-Fox.

Quelques jours après, l’éruption s’est étendue, mais aux seuleg parties du visage exposées à la lumière. La veille, le patient s’était enduit de pommade Cadum et purgé à l’eau-de-vie allemande. C’est à cette. double médication qu'il attribue la recrudescence de son mal. Depuis trois semaines, l’affection persiste dans ses limites actuelles en dépit de lPingestion quotidienne de 3 grammes d’hyposulfite de soude. e

À l’examen, nous voyons l’éruption siéger sur toutes les parties découvertes de la face et du cou. Mais c’est en réalité sur le seoment frontal de la « corona seborrhoïca » «qu'est situé le foyer oi Quelques bulles encore tendues d’impetigo streptococcique et dde ues croûtes mélicériques jalonnent l'implantation des premiers evene a les incisures temporales du cuir chevelu. Aux tempes et sur les régions

PAL 4 ass

pariétales, un pityriasis abondant réalise. l’aspect d’une fausse teigne amiantacée.

Sur la face et sur le cou, jusqu’à la ligne répondant au bord supérieur du col, s’étend une vaste nappe d’eczéma, à vésicules nettes par endroits, ailleurs à puits eczématiques suintants. Sur le dos du nez, suivant les plis naso-géniens, et sur les régions malaires la desquamation est abondante.

Les régions rétro-auriculaires et la nuque largement intéressées, témoignent elles-mêmes d’un eczéma typique.

À ne considérer que l’éruption cervico-faciale, il semble bien s’agir d’une actino-anaphylactose. Sans doute les mains n’ont-elles pas été lésées ; mais ce fait est fréquent dans certaines maladies de lumière et notamment dans le coup de lumière acridinique.

C’est pourtant vainement que nous orientons dans ce sens linterrogatoire. Le malade n’a jamais eu de coup de soleil. Il nie tout accident par une teinture de cheveux ou de vêtement qui put être sensibilisatrice.

C’est seulement le lendemain, qu'à force d’insistance, il nous raconte qu'en captivité, à Wissen, sur, la Sieg, il a travaillé aux laminoirs. Là, durant trois mois, et pendant huit heures par jour, il a été exposé complètement nu, à des températures de 72°. Un mois après le début de. ce régime, il accusait des brûlures profondes de la face, largement ulcérée, et quelques phlyctènes au dos des mains. I insiste particulièrement sur ce point, paradoxal en apparence, que seules les régions mentionnées eurent à souffrir du rayonnement. En dépit de ces accidents et de la douleur intense qu’il en éprouvait, il fut contraint de continuer son travail.

Depuis ce moment, jusqu’à ce jour, les lésions anciennes ne se réveillèrent point. Le malade rapprocherait volontiers léruption qu'il nous soumet à sa dermite calorique d’autrefois. Mais nulle exposition à la chaleur n’a pu provoquer ce retour.

Dans le passé du sujet nous relevons une atteinte de paludisme. en 1913 et le typhus en 1915, alors qu’il était au camp de prisonniers de Cassel, la réaction de Bordet-Wassermann est strictement négative. I1 semble que seule la streptococcie sur-seborrhéique du cuir chevelu ait pu servir d’origine aux accidents actuels.

Des squames et des croûtes de la « corono seborrhoïca » nous retirons un streptocoque que nous isolons en culture pure. En opposition, les vésicules du visage sont stériles. L’intradermo-réaction à la toxine streptococcique est d’ailleurs positive le 20 février, au lieu qu’est négatif l'essai parallèle avec un lysat de staphylocoques.

Faut-il en conclure, dès lors, que la dermite exoséreuse de la face et du cou est un eczéma streptococcique. Il est bien difficile d’en. user différemment, puisque, en continuité directe d’un impétigo, dont elle a procédé topographiquement et chronologiquement, elle ne représente pourtant ni une dermite microbienne vraie (érysipèle), ni une CURE épidermite du type décrit.par ie professeur Gougerot. Point d eczéma constitutionnel, poirt de tare viscérale, point non plus d’intolérance alimentaire. Nous pensons done à l’eczéma streptococcique. En sa fa-

rh ug GP RERO

! ; À véur, plaident deux arguments : nous pouvons ranimer ce foyer d’exosérose par l’intradermo-réaction toxinienne correspondante ; nous

l’éteignons à volonté par un traitement à la clasine streptococcique (5 injections de 1 à 5 centimètres cubes). Nous jugeons toutefois nécessaire une démonstration plus nette de ce cas d’allergie streptococcique. Pour cette forme plus ample et un peu particulière de la secousse allergique, nous voulons dire l’'anaphylaxie, l’on a décrit maintes épreuves. Pasteur-Vallery-Radot en a fait récemment une revue critique. Nous nous sommes limités à ce test biologique qu’il estime probant et presque constant : le phénomène de Prausnitz-Küstner.

Il consiste, on le sait, en une réaction entre antigène et anti-corps faite sur l’homme. Un dixième de centimètre cube de sérum de l’'hypersensible est injecté dans le derme d’un individu sain, et 24 heures après, à la même place, l’on inocule une dilution d’antigène. Il doit se produire une forte réaction locale.

Nous réalisons cette épreuve en prenant les témoins d’usage. Du 21 au 23 février nous injectons successivement sérum et toxine à deux sujets présumés sains, en 3 points du derme, respectivement inoculés de : 1° sérüm seul; 2° « streptine » seule; 3° sérum + streptine (avec 24 heures de décalage entre les 2 injections). Or, il se trouve qu’un hasard malheureux nous conduit à éprouver d’anciens streptococciques; tous deux témoignent d’une interdermo-réaction positive au seul lysat microbien. ; :

L'on pourrait toutefois escompter une réaction plus vive au contact du sérum et de la toxine. Tout au contraire la réaction toxinienne faite au foyer d’une intradermo-réaction sérique, de 24 heures antérieure, se montre beaucoup plus faible.

Ce phénomène d’extinction relative a-t-il la valeur d’un critère:

spécifique ? Il évoque évidemment l’épreuve bien connue de Schultz et Charlton. Mais il n’en a, ni l'ordonnance, ni la signification.

Cest vainement pourtant que nous avons autrefois essayé d’obtenir l'extinction de diverses intradermo-réactions toxi-microbiennes par l’inoculation in situ de sérum normal.

Aussi tiendrions-nous volontiers ce phénomène de Prausnitz-

Küstner inversé pour un test d'interprétation, difficile sans doute, mais néanmoins caractéristique.

. D'ailleurs, chez un autre patient, réagissant antérieurement à la toxine streptococcique, il est cette fois fortement positif. Il est strictement négatif, par contre, chez un quatrième sujet, qui n’était pas dès avant, sensible au lysat pyocoacique.

Reste à discuter la topographie de l’é

di éruption dont l’apparence est solaire. La limite, si nette au niveau du col, renforce encore l’idée d’une

maladie de lumière, mais ni source naturelle en plein hiver, ni source artificielle dans un logement éclairé modiquement petit radiateur, ne peuvent confirmer l'hypothèse. Cest qu'il s’agit là d’une mnémodermie particulière nous appellerions volontiers une « phototopie », L’ : pos d’une observation de Clément Simon, d'évolution d’une der

et chauffé par un

de ce que e >. L’un de nous, à proa insisté sur les possibilités mite allergique en un secteur précédemment insolé

+ éd.

Page 1