‹ L'Éczéma SolaireChapitre 8 sur 27 · LAMARE PAU · texte numérisé non relu

LAMARE PAU

pour la Summeréruption, mais non pour le Summerprurigo qui n’était pas connu avant Hutchinson.

Vers la même époque, Veiel (1887) et Wolters (1892) relatent chacun une observation d’eczémia solaire.

Pour certains auteurs la confusion dont nous venons de parler est complète : Buri et Brucke écrivent : Hydroa vacciniforme de Bazin ou Summerprurigo d’Hutchinson. Kaposi dit : Summerprurigo ou Summeréruption d’Hutchinson. D’autres, n’admettent pas sans discussion l'identification de ces dermatoses. Berliner propose pour les deux formes de la maladie d’Hutchinson, le terme générique d’éruption estivale et parle d’une éruption estivale prurigineuse (Summerprurigo) et d’une éruption estivale bulleuse. (Summeréruption). Brocke propose le terme d’hydroa estival. Jesionek considère le Summerprurigo comme étant une forme atténuée de l’hydroa vacciniforme. Perutz ne fait pas de différence nette entre l’hydroa vacciniforme et le Summerprurigo mais estime nécessaire de distinguer deux formes de l’hydroa : l’une laissant des cicatrices, hydroa vacciniforme proprement dit, l’autre non cicatrisante, hydroa estival.

Hutchinson faisait jouer à la chaleur un rôle certain dans la pathogénie des quatorze cas de Summerprurigo qu’il avait publiés. Kaposi pensait de même. Berliner (1890) fut le premier à voir dans ces Cas une action directe traumatique de la lumière solaire. Pour Müller et pour Jesionek ce rôle est fort douteux, Môller admet cependant l’exacerbation possible de léruption sous l'influence de la chaleur.

Récemment Pick, Sellei et Liebner ont repris l'étude des observations d’Hutchinson. L’une d’elles est un cas certain de prurigo de Hebra, les autres cas ne sauraient constituer une affection autonome, On peut les classer en deux groupes : l'influence saisonnière douteuse pour le premier est certaine pour le second. Les quatre observations qui le composent appartiennent évidemment aux actinodermatoses. Pick les considère comme représentant ce que l’on entend aujourd’hui sous le nom de Summerprurigo. Pour Sellei et Liebner elles s'accordent avec le tableau clinique de l’eczéma solaire.

En 1898, Mac All Anderson mettant en évidence les rapports qui existent entre l’hydroa vacciniforme et l’hématoporphyrine fait faire le premier pas à la connaissance du mécanisme pathogénique des dermatoses de lumière.

Mais la même année Colcott Fox décrit des formes atténuées non

cicatrisantes de l’'Hydroa vacciniforme : ce qui contribue à entretenir la confusion clinique.

CAE NE

Les années suivantes le Summerprurigo fait l’objet des publications de Kreïbich, de Nobl et d’Einis.

À l'heure actuelle pour certains auteurs la confusion persiste. L’Hydroa vacciniforme et définitivement classé, Meyer-Betz a démontré expérimentalement le rôle fondamental de l’hématoporphyrine dans sa pathogenese, complétant ainsi les travaux de Mac All Anderson. Cependant Pick (1924) déclare qu’il est impossible à l’heure actuelle de dire si le Summerprurigo est une affection autonome ou üne forme particulière de l’hydroa vacciniforme.

La même incertitude rêgne en ce qui concerne les rapports de l’eczéma: solaire et du Summerprurigo. Il est certain que bien des observations authentiques d’eczéma solaire ont été publiées sous le nom de Summerprurigo. Günther d’ailleurs identifie ces deux dermatoses et il écrit : Eczéma solaire (dermatite papulovésiculeuse ou Summerprurigo).

Sellei et Liebner (1926) déclarent que sous le nom de Summerprurigo on a confondu longtemps deux affections distinctes l’eczéma solaire et le prurigo solaire, forme particulière du prurigo chronique simple récidivant. Môller avait d’ailleurs déjà remarqué que certains cas de prurigo simplex de Brocq étaient en rapport avec les rayons solaires. Kreibich (1927), lui aussi, sépare nettement prurigo et eczéma solaires.

Un certain nombre d’observations d’eczéma solaires ont été publiées à l’étranger dans le courant de ces trois dernières années elles sont dues à Goeckermann, Gundherr, Urbach (deux cas), Liebner (deux cas), Juon, Sellei (deux cas), Glaubersohn et Goldenberg. Il faut ajouter encore les observations plus anciennes de Unna et de Delbanco.

L'année dernière, d’abord au Congrès international de Dermatologie et de Syphiligraphie de Copenhague, puis au Congrès international de Physiothérapie de Liége, Jausion fait une étude clinique et expérimentale complète de l’eczéma solaire, et expose une thérapeutique fondée sur le mécanisme pathogénique.

En résumé, à l'heure actuelle la question s’éclaircit ; l’hydroa vacciniforme de Bazin est bien caractérisé, le Summerprurigo d’Hutchinson est démembré, on en a distrait l’eczéma solaire qui se cachait souvent sous ce terme. Un certain nombre d’auteurs (Glaubershon et Goldenberg, Urbach, Sellei) publient côte à côte des cas d’eczémas et de prurigos solaires. Ces deux dermatoses viennent se placer à côté-de lurticaire solaire dans le groupe des actino-anaphylactoses de Jausion.

Page 1