‹ L'Édème aigu du poumonChapitre 9 sur 16 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SYMPTOMATOLOGIE

‘ La sympiomatologie de l'œdème aigu du poumon est bien

connue et ne prêle à aucune discussion . Au lieu d’en donner une sorte de schéma dans une description synthétique et, par conséquent, forcément inexacte, nous préférons ciler deux observalions d'œdème aigu du poumon empruntées à deux maitres qui se sont particulièrement occupés de la question. La premère est extraite des cliniques de Dieulafoy :

J'ai été témoin, l'an dernier, dans mon service de l'hôpital Necker, d'un fait qui faillit se terminer d’une façon dramaique. Il s'agissait d'un malade que je faisais examiner à l'amphitéâtre, un jour de cours, par un de mes élèves. Ce malade était un brightique, qui présentait entre autres symptômes des troubles accentués d’intolérance gastrique. Pendant l'examen du malade, nous nous aperçûmes, et tous les assistants s’apercurent en même temps, que cet homme devenait dyspnéique, sa respiration s’accélérait, il semblait étouffer. Je l'auscultai immédiatement : je conslatai l'apparition d’une pluie de râles fins : ces râles expliquaient suffisamment l'angoisse dyspnéique rapide à laquelle nous assistions. En même temps, le malade fut pris de quintes de toux et il rendit sous nos yeux une quantité de liquide spumeux mousseux, rosé, qui vint

confirmer le diagnostic. Il était évident que cet homme, qui, les jours précédents, n'avait que quelques râles dans la poitrine et dont l'oppression était fort modérée, venait d’être pris brusquement d’un œdème suraigu du poumon qui menaçait de se terminer rapidement par la mort. J'avoue que j'eus un moment d'anxiété profonde, car le malade, couvert de sueurs et l'œil hagard, prit rapidement une teinte asphyxique, et Je me demandai un instant s'il n'allait pas succomber avant qu'on lui eût porté secours. Sans perdre un instant, je fis pratiquer par mon interne, M. Rahu, une saignée de 400 grammes, el le résultat ne se fit pas attendre. À mesure que le sang s'écoulait de la veine, le malade revenait à lui, la respiration se faisait plus librement, l'angoisse diminuait progressivement, comme s'il se fût agi d’une expérience de laboratoire, et, un quart d'heure plus tard, le malade nous disait lui-même qu'il avait eu conscience de ces deux états bien opposés, qu'il s'était d’abord senti mourir, puis qu'il s'était senti renaître à mesure que le sang s’écoulait de la veine. À dater de ce moment. l'œdème diminua rapidement dans les poumons, l'accident fut conjuré el le malade resta dans nos salles comme simple brightique : 1l nous quittait {rois mois plus tard sans que

l’ædème pulmonaire se fût reproduit.

L'observalion suivante à été publiée par Huchard dans la Revue internationale de médecine el de chirurgie, en novembre 1895 :

Il y a quelques semaines, j'observais en ville un malade, ägé de 44 ans, atteint, depuis 15 ans environ, d’une insuffisance aorlique d'origine rhumatismale. Mais il est utile d’ajouter que depuis plusieurs années déjà, le système artériel commençait à subir la dégénérescence scléro-athéromateuse. Les

artères lemporales devenaient de plus en plus saillantes, les

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