TERTULLIEN, DE PUDICI1IA
pénitence, aux adultères et aux débauchés ». Où afficherat-on cette grâce? Sans doute, à la porte des mauvais lieux? Non pas : proclamation en est faite dans l'Église, aux oreilles de cette vierge, épouse du Christ. Tertullien n'y tient plus; il élèvera la voix l :
Voici donc encore un écrit contre les Psychici et contre notre accord désormais rompu; je veux ce titre de plus au reproche d'inconstance qu'ils m'adresseront. Jamais une rupture ne constitue présomption de faute : n'est-il pas plus facile d'errer avec la foule que de s'attacher à la vérité avec une élite? "Mais je n'attends pas plus de déshonneur d'une utile inconstance que de gloire d'une inconstance désastreuse. Je n'ai point honte de m'être affranchi de l'erreur, parce que je me félicite de cet affranchissement, parce que je me sens meilleur et plus chaste. On ne rougit pas d'un progrès. '-Même dans le Christ, la science a divers âges; déjà l'Apôtre a passé par là : quand j'étais enfant, dit-il, je parlais en enfant, je pensais en enfant; devenu homme, j'ai dépouillé ce qui était de l'enfant il Cor., xni, 11).
Cette déclaration initiale ne laisse aucun doute sur l'état d'esprit de l'auteur, et permet de mesurer l'espace parcouru depuis le De praescriptione haereticorum. Au temps de cet ancien ouvrage, Tertullien considérait la fidélité à la tradition catholique comme le critère de la vérité. Aujourd'hui, sous l'influence des révélations du Paraclet, il marche dans des voies toutes nouvelles 2.
Déjà en écrivant contre les secondes noces ces libelles qu'il intitulait De exhurtatione castilatis ou De monogamia, il avait pris position contre les psychici. Une fois de plus il vengera la plus caractéristique des vertus chrétiennes3 — principalem christiani nominis disciplinant — contre ces hommes charnels, qui d'une part absolvent l'incontinence et d'autre part lui ôtent toute excuse en autorisant de multi-