‹ L'édit de CallisteChapitre 107 sur 252 · Pud., \. — 2. Fini., 5. — 3. l'i'd.. 6. — i. Pud · texte numérisé non relu

Pud., \. — 2. Fini., 5. — 3. l'i'd.. 6. — i. Pud

perdidit et requirit et reperit et arnicas ad gaudium invitât, nonne restituti peccatoris exemplum est?

'■' Errât et una pastoris ovicula ; sed grex una carior non erat : una illa conquiritur, una pro omnibus desideratur et tandem invenitur, et umeris pastoris ipsius refertur; multum enim errando laboraverat.

8 Illum etiam mitissimum patrem non tacebo, qui prodigum filium revocat, et post inopiam paenitentem libens suscipit, immolât vitulum praeopimum, convivio gaudium suum exornat. Quidni?

Filium enim invenerat quem amiserat, cariorem sènserat quem lucrifecerat. " Quis ille nobis intellegendus pater? Deus se. :

tam pater nemo, tam pius nemo.

8 Is ergo te, filium suum, etsi acceptum ab eo prodegeris, etsi nudus redieris, recipiet quia redisti, magisque de regressu tuo quam de alterius sobrietate laetabitur; sed si paeniteat ex animo, si famem tuam cum saturitate mercenariorum paternorum compares, si porcos immundum relinquas pecus, si patrem répétas vel offensum, Deliqui dicens, pater, nec dignus ego s uni iam voeari tuus. 9 Tantum relevât confessio delictorum quantum dissimulatio exaggerat. Confessio enim satisfactionis consilium est, dissimulatio contumaciae.

10 Perinde drachmae parabolam, ut ex eadem materia provocatam, aeque in ethnicum interpretamur, etsi in domo amissam, quasi in Ecclesia, etsi ad lucernae lumen repertam, quasi ad Dei verbum...

8. ' Sed enim plerosque interprètes parabolarum idem exitus decipit, quem in vestibus purpura oculandis saepissime evenire est...

3 Duos enim populos in duobus filiis conlocant, iudaicum maiorem, ebristianum minorem...

4 Porro si iudaicum ostendero deficere a comparatione filii maioris, consequenter utique nec christianus admittetur de configuratione filii minoris...

9. ' Nos autem, quia non ex parabolis materias commentamur, sed ex materiis parabolas interpretamur, nec valde laboramus omnia in expositione torqueredum contraria quaeque caveamus...

9 Nam si christianus est qui acceptam a Deo Pâtre substantiam, utique baptismatis, utique Spiritus Sancti , et exinde spei aeternae, longe evagatus a Pâtre prodigit ethnice vivens; si exutus bonis mentis etiam principi saeculi (cui alii quam diabolo?) servitium suum tradidit et ab eo porcis alendis, immundis se. spiritibus curandis, praepositus, resipuit ad Patrem reverti, iam non moechi et fornicatores, sed idololatrae et blasphemi et negatores et omne apostatarum genus hac parabola Patri satisfacient, et elisa est verissime hoc imaginis modo tota substantia sacramenti. 10 Quis enim timebit prodigere, quod habebit postea recuperare? quis curabit perpetuo conservare quod

TERTULLIEN, DE PUDICITIA. 183

non perpetuo poterit amittere?

Securitas delicti etiam libido est eius. u Recu-perabit igitur et apostata vestem priorem, indumentum Spiritus Sancti, et anulum denuo, signaculum lavaeri, et rursus illi mactabitur Christus, et recumbet eo in toro de quo indigne vestiti a tortoribus soient tolli et abici in tenebras, nedum spoliati...'.

Mais il est à craindre que les catholiques goûtent peu cette exégèse inédite. Il faut donc les accabler d'autres arguments scripturaires 2. Vous refusez de voir dans ces paraboles évangéliques la pénitence prèchée aux Gentils? Mais la pénitence prêchée aux Gentils n'est-elle pas partout dans l'Ancien et le Nouveau Testament? Jonas prêchant à Ninive, Jean-Baptiste

1. Indigne vestiti a tortoribus soient tolli et abici in tenebras, nedum spoliati. Tertullien distingue ici deux catégories de pécheurs qui sont — à divers titres — exclus du festin nuptial. D'abord ceux qui n'ont pas reçu la robe nuptiale de la grâce sanctifiante : indigne vestiti. Puis ceux qui, l'ayant reçue, s'en sont vu dépouiller par leur faute : spoliati. Les indigne vestiti sont les non-baptisés; les spoliati sont les chrétiens coupables, après le baptême, de quelqu'un des péchés capitaux; ces derniers sont exclus à plus forte raison. — On lit dans la traduction de Labriolle : « non sans avoir été dépouillés ». Il y a ici une confusion grammaticale. Le texte ne porte pas : nedum spoliari, mais nedum spoliati. Le participe est coordonné au participe vestiti, non aux infinitifs tolli, abici.

2. Pud., 10, 1 : Kvcusso igitur iugo in et/micum disserendi parabolas istas, et semel dispecta vel recepta necessitate non aliter interpretandi quant materia propositi est, contendunt iam nec competere ethnicis paenitcntiae denuntiationem.. . — M. de Labriolle traduit : « Nous avons donc secoué la nécessité d'appliquer aux païens ces paraboles, et nous avons examiné ou admis l'obligation de ne pas interpréter autrement que ne le comporte la matière proposée. Voici maintenant qu'ils prétendent que l'injonction de faire pénitence ne saurait convenir aux païens... » Mais le sujet logique du participe excusso est certainement le même que celui du verbe contendunt; ce n'est donc pas Tertullien qui a « secoué la nécessité d'appliquer ces paraboles » ; ce sont au contraire les catholiques, ses adversaires, auxquels il vient de reprocher pendant plusieurs pages de secouer le joug d'une exégèse gênante et d'appliquer aux chrétiens pécheurs des paraboles que lui, Tertullien, prétend ne convenir qu'aux païens. Il faut donc reporter le tout sur le compte des catholiques, et ainsi le sens se déroule avec une parfaite aisance.

prêchant aux soldats, en sont des exemples mémorables. Le Seigneur lui-même n'a-t-il pas déclaré que Tyr et Sidon se fussent converties à la vue de ses miracles? Tant il est vrai que la pénitence est offerte à ceux-là surtout qui n'en ont pas encore abusé.

Sans doute il existe une école qui a des encouragements prêts pour toutes les faiblesses : c'est l'école d'Hermas. EtTertullien souligne le rapprochement pour compromettre Calliste. Libre à Calliste d'aller chercher son inspiration dans le Pasteur, ce manuel des adultères, aujourd'hui rayé, par le commun accord de toutes les Églises, de la liste des Écritures canoniques : le docteur montaniste puise à une source meilleure, aux Écritures de ce Pasteur ' qui régénère dans le baptême les vrais pénitents.

En vain se flatterait-on de justifier par l'Écriture le pardon accordé aux impudiques. On sait déjà que penser des paraboles de miséricorde 2. Quant aux exemples du Seigneur en son Évangile, s'il permit à une pécheresse de l'approcher et de le toucher, s'il se fit connaître à la Samaritaine, on ne peut rien conclure de ces faits particuliers : soit parce que le Seigneur était libre d'agir à son gré, soit parce que le règne de la Loi nouvelle ne devait être inauguré qu'après sa Passion et l'envoi du Saint-Esprit.

Les écrits apostoliques ne sont pas moins contraires à la

1. Pud., 10, 13 : At ego eius Pastoris Scripturam haurio, qui non potest frangi. Ici, M. Preuschen, avec Reifferscheid-Hartel-Wissowa (CSEL., t. XX), a cru devoir revenir à la leçon de l'édition princeps (Gangneius, Paris, 1545), enlisant quae au lieu de qui. Grammaticalement, cette leçon est inacceptable : eius Pastoris appelle nécessairement qui, leçon des principaux éditeurs : Rigault, Oehler, de Labriolle. Mais voici encore un doute que je dois soumettre à M. de Labriolle. Eius Pastoris... qui non potest frangi, n'est pas simplement : « ce Pasteur que nul ne peut corrompre ». Frangi fait allusion à ces calices de verre peint, usités dans le service eucharistique, et signalés un peu plus haut, 10, 12 : Scriptura Pastoris... a qua et alias initiaris; cui ille si forte patrocinabitur Pastor quem in calice clepingis. C'est d'ailleurs probablement l'image du bon Pasteur évangélique qui figurait sur les calices. Tertullien affecte d'y reconnaître le Pasteur d'Hermas, pour se donner le plaisir de railler ce « Pasteur fragile ». On prendra donc frangi au sens propre.

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