TERTULLIEN, DE PUDIC1TIA
doctrine des psychici[. Tertullien les met au défi de la justifier par là, et va leur montrer la justification de sa propre doctrine.
Il croit la rencontrer d'abord dans le décret du concile apostolique de Jérusalem (Act., xv, 28, 29). Il passe ensuite au cas de l'incestueux de Corinthe, livré à Satan selon la chair par saint Paul, et proteste longuement2 contre l'opinion de ceux qui croient reconnaître dans la deuxième é pitre aux Corinthiens (II Cor., u), absous par saint Paul, le même pécheur scandaleux qu'il avait excommunié dans la première (I Cor., v, 5 sqq.) 3.
Cette opinion, que Tertullien signale pour la combattre, a prévalu dans la tradition patristique sur sa réfutation. Les exégètes modernes montrent moins d'assurance, et ont souvent opposé au sentiment unanime des Pères des raisons empruntées pour une part à Tertullien. Cette question est de celles qu'on pourra discuter longtemps. Mais un fait non discutable et dont il faut prendre acte, est l'ancienneté de cette exégèse dans l'Église catholique. Nous en avons pour garant la parole désintéressée d'un ennemi : c'était un courant d'opinion, ou, comme il dit, un soupçon répandu dans les milieux catholiques, non un expédient de circonstance, éclos à l'occasion de la mesure prise par Calliste. Le fait que cette exégèse avait cours et qu'on s'en servait pour légitimer l'octroi du pardon aux impudiques, montre qu'elle ne heurtait pas les idées reçues.